[] Archimia

31/01/2009

Malmy

Angélus de Pluviose, un moment suspendu,
Comme si, rien qu'un instant, crevant l'obscurité,
Juste un trait de crayon, le soleil retrouvé :

29/01/2009

Les trois photos

Voila. C'était en 1978. J'ai retrouvé ces trois photos, dans une caisse l'autre jour. J'avais vingt, vingt-et un tout au plus. Plus vraiment ado, pas encore tout à fait adulte.

Pas facile de s'écrire. Autant l'enfance a laissé un souvenir magnifique chez moi, où mon imagination traversait des mondes infinis sans aucune lassitude, autant l'adolescence est passée sans bruit. Je n'ai jamais aimé cette période là, où l'on découvre que le monde des adultes est souvent encore plus faux et hypocrite que ce qu'on soupçonnait déjà. Et puis, l'année de mes dix-huit ans, la mort. Celle de mon père, disparu en douze jours d'une maladie incurable. Rideau.

Et voila cette photo, peu de temps après ce cataclysme. Entre temps j'aurai eu le temps de m'égarer en "Maths Sup'", puis en "Maths Spé'", tout ça pour peu de choses, si ce n'est pour apprendre qu'on peut bosser soixante heures par semaine, se coucher chaque soir à une ou deux heures du matin quand on sait qu'on se lève à sept le lendemain. J'abandonnerai tout ça au bout d'un an et demi pour devenir Instituteur de la République, c'est à dire, dans un premier temps "normalien" (et salarié aussi, ce qui ne gâte rien)...

Cette photo, elle est prise de la fenêtre de mon appart, coincé entre la quatre voies, la ligne de chemin de fer, et la "Fonderie Nouvelle", qui dégueulait chaque matin sa fumée rousse sur la ville, grande tradition ardennaise venue de la nuit des temps.

Sur mon frigo, le vinaigrier surveille la rue par la fenêtre. (Le vinaigrier permettait de fabriquer du vinaigre de vin, en utilisant les fonds de bouteilles de rouge qui restaient quelquefois, après les chouilles) et la bougie "senteur des pins" toujours allumée pour éviter de se rappeler que la fumée de clop, à la longue, ça pue vraiment.





Oui, c'est ici et à cette époque que j'ai rencontré celle qui deviendra Madame Archie. La seule vraiment capable de me supporter tout le temps, et qui, malgré ses coups de gueule légendaires, malgré les pièges et les tourments que la vie n'a pas manqué de nous envoyer, sait toujours aujourd'hui d'un seul coup d'oeil et sans une parole, détecter mon humeur, mes joies, mes tristesses, mes délires ou mes coups de pompes, bref : cet autre moi-même sans qui je ne pèse pas très lourd ...



Enfin là, c'est la vieille Remington. C'est avec ça -et bien avant les traitements de textes- que nous éditions un mensuel baptisé "Et une petite cuillère de Sirop" : Délire graphico-littéraire principalement dirigé contre les cons (notamment l'armée, le nucléaire et quantité d'autres nuisibles). J'étais alors directeur de publication et nous tirions à 600 exemplaires à une époque où la presse underground n'était pas encore à la mode. On faisait des réunions hebdomadaires à quinze dans ma salle à manger, on dissertait au milieu des cannettes, on finissait toujours par manger des pâtes ou alors des pâtes, et dés que l'imprimeur avait fini son boulot, les RG débarquaient chez lui pour piquer le premier numéro ... Bref : c'était le bon temps, en quelque sorte !




Voila, en guise de préalable. Trois photos qui n'ont l'air de rien. Trois petites photos de rien du tout. Et pourtant, c'est bien là que tout se passe.


Tout, c'est à dire une irrésistible envie de toujours chercher à faire, avec ses mains, ses yeux, ses oreilles, sa bouche aussi. Faire et montrer. Tenter de répondre à toutes ces questions qui nous assaillent. Ecrire, décrire, tracer, coller, peindre, dépeindre, sculpter, taper, cogner la pierre, le bois, avec la rage de celui qui n'arrive pas à "rendre" lisible son ressenti. Balancer sa production, la détruire, la brûler, quitte à le regretter après. Réussir aussi. Parfois. Et en tirer un plaisir immense. Voila c'est tout ça, Archimia, même si à l'époque, je ne lui avais pas donné ce drôle de nom. Avec par-dessus tout : l'écoute, l'observation. Souvent, mon rêve serait d'être invisible pour ne rien perturber au moment de saisir une impression.

Voila tout ce que je tenais à écrire à propos d'Archimia. Je n'y reviendrai pas. Je crois bien que c'est à cause de ces trois photos que ce blog est né. Maintenant, on va passer à autre chose ...

27/01/2009

Couleurs

Que voyons-nous exactement du monde qui nous entoure ?
Ça y est : Revoilà Archie et ses questions à la ...

Oui revoila Archie après plus d'un mois de silence total, d'hibernation, autant dire un Archie tout neuf, dépouillé, mis à nu, prêt à enfiler un autre costume, cousu avec patience, des plus mauvaises heures de l'hiver aux plus jolis moments du printemps : un patchwork de fichiers mp3, d'huiles sur toile, de pixels juxtaposés, de poils de pinceaux, de tordants sons distordus, de sueur aussi des fois ...
un capharnaüm d'impressions nées à l'instant "T" ... avec pour seul regret le fait que cette technologie préhistorique ne puisse pas encore nous faire partager ni tous ces merveilleux goûts d'épices, ni ces fantastiques odeurs de fleurs, ni ces extraordinaires sensations qu'on ressent en passant simplement le doigt sur un tissu, une sculpture ...



Ainsi donc voici Archimia, une espèce d'alchimie non ésotérique, loin de l'obscurantisme que ce mot fait redouter. Archimia, c'est une façon d'être, une idée, juste une idée germée comme une graine voila presque trente ans.

Mais bon, chaque chaque chose en son temps : bientôt Ô lecteur(trice) retrouvé(e), on remonte le temps jusqu'au moment de son apparition.
A tout de suite ...
 

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