[] Archimia

24/12/2010

Figuier de Noël

Ce soir, je voudrais souhaiter un aussi joyeux Noël que possible,
à Leïla, infirmière de garde en secteur pédiatrie de l'hôpital du coin,
à Manu, service réquisitionné de salage et déneigement de la DDE locale,
à Mireille, qui passera encore Noël seule dans sa grande maison depuis que son Roger est mort,

à Yves, service d'astreinte à la caserne des pompiers,
à Mickaël, qui aimerait tant changer sa vie, et être enfin placé dans une famille ou ça cogne moins,
à Mouloud, seul, dans une chambre miteuse du foyer Sonacotra, qui repense à son pays là-bas,
à toutes celles et ceux pour qui Noël, c'est pas Noël,
Oui, à tous ceux-là et à tant d'autres, cette toute petite pensée,
Se dire que partager ça c'est tellement peu, mais c'est déjà beaucoup :
Alors Joyeux Noël à vous.


21/12/2010

Les nouvelles du front

Oui je sais,
Ça n'est guère original,
L'accès au jardin est bloqué,
Pas la peine d'être matinal,
Au-dela de quarante centimètres,
Le temps d'enfiler les guêtres,
Déneiger le bambou, la serre, le auvent,
Coup de peau : pas de coupure de courant,
La vie, ici, continue,
Loin du cac 40, des infos convenues,
On est bien, on pousse, on gratte,
On en a plein les pattes ...

Chic !!!


14/12/2010

Féodal

Rien de tel,
En ces périodes de Noël,
Qu'un bon voyage dans le temps,
Au pays des chevaliers et des princesses,
Des dragons et des ogresses,
Là, juste dans la vallée,
De l'autre côté,
De la rivière enchantée.

06/12/2010

La ligne



Comme un trait de stylo sur une feuille,
Un encéphalogramme à travers l'oeil,

La ligne d'eau traverse notre paysage,
Petite note ironique pour enfant pas sage,
Dame Nature intervient et impose,
Spectacles géants, glacés, virtuoses ...

01/12/2010

La complainte des matin glacés

Coup de froid sur le pays,
Et aussitôt paralysie,
Et on ne cesse de nous répéter
La chanson des bouchons sur route verglacée,
Et les trains arrêtés,
Les réseaux électriques prêts à craquer,
Et Les transports scolaires supprimés ...

Alertes jaune, orange ou rouge
Que plus personne ne bouge,

Est-ce vraiment la fin du monde ?
Rien de plus qu'un hiver qui vient et qui va,
Du moins cinq, moins dix, comme ça arrive parfois,
Nos sociétés sont-elles donc si fragiles et si amnésiques,
Qu'elles ont déjà oublié qu'une saison sur quatre est ainsi ?

Une fois, de temps en temps,
Un peu d'humilité,
Relisons l'histoire des grands hivers,
Celle de nos grands-pères,
Et cessons de nous moquer, de soupirer,
Comme des enfants gâtés.
Nos technologies ultra-sophistiquées et hautement informatisées,
L'hiver s'en fout,
Un point c'est tout.

Il faudra pourtant bien continuer de vivre sur cette terre,
"Qui est quelquefois si jolie", non ?


22/11/2010

A la porte


C'est un étrange résumé, cette photo.
Un peu d'hier et d'aujourd'hui,
Comme si le temps se rassemblait en un seul point.
L' Ardenne d'hier, la porte,
Qui abrite propriété et richesse,
Celle qui sépare de la rue,
Solide, inébranlable,
Toute de bois et de fonte, comme ici autrefois,
"Le fer et la forêt" (*),
Comme dans cette étonnante saga de
Rogissart,
L'écrivain de chez nous.

Une époque où ce pays était reconnu pour son savoir faire,
Un nom, une réputation ...
Et puis, peu à peu,
Des lignes moins sûres, plus obscures,
Des écailles sur la peinture,
Sur le bois, des gravures,
et sur la grille, des fissures,
Jusqu'à ce tag citron,
Insolent, actuel,
A la fois gratuit et cruel,
Qui crie sa souffrance autant qu'il fait souffrir.

Ne te trompe pas, lecteur :
Je ne juge pas, je regarde.
Je lis ce que la ville me montre,
Je lis ses mots d'hier,
et ses maux d'aujourd'hui.
J'écoute.
Et je marche dans la ville en quête d'autres lectures.




(*) "Le fer et la forêt" fait partie d'un ensemble de sept romans inclus dans un ensemble intitulé : "Les Mamert", retraçant l'histoire d'une famille ardennaise entre 1830 et la fin de la seconde guerre mondiale. L'ouvrage a été réedité en 1984 par les éditions "Terres ardennaises"

13/11/2010

Les boîtes

Merci à Constance de m'avoir fait parvenir cette photo. Elle me ramène à un temps où je collectionnais les boîtes à lettres (j'ai toujours été un grand collectionneur).

J'adore les boîtes à lettres.
Ça doit remonter à mes quatre ou cinq ans, où, voyou pour voyou, pensant que personne ne me regardait, j'avais glissé des petits cailloux dans la fente de la boîte de la Poste, qui était intégrée au mur du bureau.
Las ! J'avais été repéré, et on m'avait menacé de m'envoyer les gendarmes à la maison ... Moi, le fils de la maîtresse.
J'en ai gardé une méfiance pour les employés de la Poste, une rancune pour les gendarmes, et surtout, une passion pour les boîtes à lettres.

Cette petite fente qui s'ouvre sur un monde inconnu, sans frontière, où chaque envoi est une merveille, un cadeau d'autrui, même si -comme je l'ai appris plus tard - elle ne se révèle être bien souvent qu'une facture de Monsieur EDF, ou une publicité sans intérêt ...

A l'opposé de la boîte de la Poste, il y avait la boîte à lettres familiale, son complément, son négatif en quelque sorte, et très vite, moins dangereuses (on pouvait y glisser des cailloux sans peur des gendarmes), plus variées, plus nombreuses, j'ai éprouvé un vif intérêt face à cet objet.

Il faut dire que chaque maison a sa boîte à lettres. Voila un objet parfaitement démocratique. Riche ou pauvre, migrant ou immigré, petit, grand, malade ou en bonne santé, pas moyen d'y couper.

Alors me vint l'idée de les regarder, de les prendre en photos, de les classer, puis pour finir, de les montrer.

C'est de là qu'était parti l'idée de ce blog qui s'appelait "Box populi", je crois, et qui a fini par disparaitre un soir où j'avais mieux à faire (ne le cherchez plus, il a été rasé)...

C'est aussi de là qu'est parti cette aventure qui me permet encore aujourd'hui de recevoir d'un peu partout des photos de boîtes comme celle-ci.
Et regardez-là : poèsie, naïveté dans le dessin comme dans les couleurs, la liberté guide nos choix dans les formes, les sujets, les teintes.
Qu'importe la boîte, l'important c'est que ce soit la mienne : une boîte, reconnaissable entre mille autres, et qui signifie : moi !

Alors, pour ce petit clin d'oeil en forme de souvenir, encore un gros merci à Constance, que je vais visiter de régulièrement.


12/11/2010

Degré zéro grosso modo


Panne de frigo :
Un vrai complot.


De bas en haut,
De gros sanglots,
Et, sur la fenêtre du studio,
Bien alignées les sauces en pot,
Ne manque que le curaçao,
Le mojito, ou l' cabillaud.

Mais gaffe à la météo,
Première pluie, premier crachot,
Feront venir les escargots,
Heureus'ment, là pas d' livarot,
Sinon les voisins bourgeoisiaux,
Te passeraient à l'échafaud,
Tu te r'trouv'rais le bec dans ....

08/11/2010

Aigre-doux

Vallée de Semoy, toujours.
Une collection, cette fois.
La bauquette, ou beuquette (suivant le lieu),
Permet à chacun de voir sans être vu :
Tout un programme !


Avec le recul et un brin de nostalgie,
On se prendrait presque à sourire :
Aujourd'hui, la bauquette :
C'est architecture et décoration ...

Certes,
Mais n'empêche.
Gardons les yeux ouverts,
La bauquette, c'est aussi,
Tout un monde d'hypocrisie et de qu'en-dira-t-on,
Ou encore, quand la surveillance devient un art,
Et déferle sur les maisons,
Comme la méfiance sur les voisins.
Guère beau, tout ça , me direz-vous,
Juste de quoi se rappeler que le racisme ordinaire
N'est sans doute pas né d'hier,
Et que, probable qu' il commence comme ça.

En voila un drôle de constat en ce lundi matin,
Devant ces trois petites fenêtres si charmantes :
Nos aïeux ne valaient sans doute guère mieux que nous ...
Et hier comme aujourd'hui, désespérément,
"L'enfer, c'est les autres".

03/11/2010

Clin d'oeil

Chose promise, chose due,
Nous voici donc plongés au beau milieu de la vieille Ardenne,
Pays de forêts échancrées de schistes,
Tranchées par la rivière de Semoy,
Tout au long de ses galets d'argent.

Vêtue de son patchwork végétal,
La vieille dame est là,
Vaste.
Seule aussi,
Et usée, râpée,
Erodée, rouillée,
Un peu comme une de ces
charrues délaissées,
Au gré des champs,
Des vents ou du temps.
Ah ! L'Ardenne : l'automne lui va si bien ...





30/10/2010

Calendrier automnatique

Recette :

Place le vase juste sous le pommier,
Et attend,
Attend que parte l'été :
Quand le vase sera rempli,

L'automne sera arrivé ...

28/10/2010

Fissures

Avez vous remarqué ?
Ces périodes de grève sont d'excellents moments,

Pour se chercher à se lire,
A se re-découvrir,
Tout ce qui nous relie,
Ce qui nous sépare,
Toutes ces déceptions, et puis tous ces espoirs,
Notre histoire partagée,
Nos souvenirs confus,
Le regard des ados, les paroles des enfants,
Avec pour seule réponse sortant parmi les cris,
Comme un grand trou béant, dans la démocratie.



23/10/2010

Petite comptine de saison

Premiers vrais froids,
Premiers verglas,
L'automne s'en va,
L'hiver est là,
Bonjour frimas,
Et gelées blanches,
Même le dimanche,
Brouillards pourris,
Jusque midi,
Ciels embouchés,
Toute la journée,
A l'électrique,
Neurasthénique,
Le corps est froid,
Nous y voila,
Tout courbatu,
Tout est foutu,
Décidément,
En frissonnant,
A quand l'printemps ?
Qu'on soit content ...



'Faudrait pas croire : j'aime bien l'hiver, en fait :)))

18/10/2010

Spirales

Parfois, c'est jusque dans les cages d'escalier,
Que le mal-être vient s'exprimer,
Et plus tu montes,
Plus les murs parlent,
Un genre d'infernale spirale,
Avec personne pour lire ou écouter,
A la pauvreté, dédiée,
Une espèce de mausolée.
Qui d'autre encore racontera cette ville ?

10/10/2010

Lavoirs (suite)

Pas question d'aborder les lavoirs de l'Ardenne,
Sans parler de celui de Rimbaud, bien sûr.
Ici, à Roche, le lieu prend une autre dimension,
Celle de la rêverie, certes,
Celle aussi du désespoir,
De la révolte avant la résignation,
Combien de mots raturés pour en arriver là ?
Combien de déceptions ou d'espoir déçus,
Et combien ces textes sont encore vivants,
Si loin, si près, de nos préoccupations chaotidennes,



Et gageons qu'ici comme ailleurs,
Hier comme demain,
Et mots contre mots,
Gravés à jamais sur le bois grisé,
Le poète n'aurait pas renié,
Ceux du chanteur,
L'un de ses descendants :

"Changez tout, Changez tout,
Vot'monde ne tient pas debout,...
Changez tout, Changez tout,
Pour une vie qui vaille le coup ..."



Plus que jamais d'actualité, non ?






06/10/2010

Le pays où parlent les lavoirs

Comme un pavé dans la mare,
Au fond de la mare, je veux dire ...
Je regarde le monde par l'autre côté,
Comme couché,
Comme endormi.


Lavoir de La Moncelle (Ardennes)

J'observe la lumière du ciel,
Eclabousser ce pays d'en face.
Je vois le temps qui glisse,
Si lisse à la surface,
Vivace cicatrice.

Je distingue à travers le soleil du monde,
Les regards des passants, et même par moment ,
Les gestes des lavandières qui, autrefois battant,
Venaient y répandre leurs chants,
Parsemés de feuilles, flottant,
Comme autant de cris d'enfants.

Enfin, j'écoute le soupir de ce crayon dansant,
S'effacer sous le carnet ivre du poète rêvant ...

... Décidément, c'est à croire :
Les lavoirs sont pleins d'histoires ...

30/09/2010

De saison

L'automne est une drôle de saison :
Toute en couleurs,
Toute en odeurs,
Toute en nuances,
C'est l'époque des rosées dans les chemins
Et des rosés dans les prés,
C'est l'époque des brouillards carnivores,
Qui, méchamment,
En avançant doucement,
Toute la forêt dévorent,
Avant de fondre avant midi,
Sous un soleil ragaillardi,
Des terres qui fument et des pâtures qui ruissellent.

Ici, c'est aussi le moment où chacun retient son souffle,
Un dernier regard vers l'été,
Avant de se préparer vers la grande plongée :
La longue et délicieuse prison de l'hiver ...


26/09/2010

Petit matin

Le vaisseau de béton transperce le brouillard,
Puis s'embrase tour à tour et mes yeux accapare,


Lentement,
Plus le soleil se lève,
Plus les éclats chavirent,

De balcons en balcons,
Alors, le rêve,
Prolonge les plaisirs,

Le temps s'est arrêté, le silence est venu,
L'espace d'un instant, gamin redevenu,
Et puis l'effet s'estompe,
Je redescends sur terre,
Faudrait pas que je me trompe,
Et oublier l'horaire ...

Y'a des matins comme ça où on resterait bien le nez en l'air ...


24/09/2010

Châteaux

Châteaux.
Vies de châteaux :
Châteaux d'eau ou bien de sable,
Châteaux forts, bien sûr,
Châteaux de cartes, surtout,
En Espagne ou en Ardenne,

Châteaux en ruine,
Comme nos rêves d'enfants
...

21/09/2010

Cochère


Faire semblant de tout cacher
Et laisser voir le minimum,
Pour mieux qu'on imagine le reste ...

Séduction ou simple coquetterie ?

Se glisser comme un voleur,
Presque comme un voyeur,
Mauvaise conscience à l'appui,

Il y a tant de portes qu'on aimerait franchir ...

13/09/2010

Tanière

Sortir de sa tanière,


Reprendre doucement pied au milieu de ça,
Au milieu de tout.
Mettre de côté ses arrières pensées et ses drôles d'impressions,
Ses sentiments de "déjà-vu",
En repensant à cette photo,
Besson et Hortefeux,
Que je voudrais cépia,
Pour faire davantage encore :
Et régime et vichy,


Lentement, remettre les pieds dans la fange,
Replonger dans l'eau glacée,
Retrouver ses pauvres,
Chacun les siens,
Ceux qui vont à l'école le matin,
Ceux dont on ne parle jamais,
Parce qu'ils n'intéressent personne,
Et ne passent pas à la télé,

Photos archie : Parc de Wesserling (68)

Oui, descendre de là,
Du piédestal, de la coquille protectrice,
Parce qu'on sent ses mains sales,
Regagner le pétrin quotidien, ses fatigues et ses aberrations,
Redouter l'usure, mais avancer quand même,
Parce qu'on ne voudrait pas,
Surtout pas,
Rester muet en face de cette petite fille,
Avec ses grands yeux bleus,
Qui un jour,
Ne manquera pas de te demander :
"Et toi, au fait,
Qu'est-ce que tu as fait,
Pour empêcher ça ?"


11/08/2010

Perché

Lâché la Bretagne,
Pour des cieux moins venteux,
Ici, au pays du Porcien,
Le long de la Champagne ardennaise,
Crayeuse comme un vieux tableau,
L'été,
Il arrive que les toits se transforment en jardin,
Et les jardiniers en couvreurs.
Les vieilles remises prennent des couleurs,
Qui rajeunissent leurs tuiles comme des demoiselles,
Au gré des averses ou du soleil.

Ici,
N'en déplaise à Verlaine,
Qui pourtant passa par ces lieux,
Lors de son escapade avec l'autre poète maudit,

Ici donc,
Disais-je,
Il n'y a pas que le ciel qui soit par dessus le toit,
Il y a aussi l'or de la nature,
Pour veiller sur nous.

Et le petit voyageur que je suis,
Poursuit son périple vers l'est,
Pas sûr que je pourrai vous envoyer des nouvelles,
Les grands espaces étant plus souvent désirables,
Que connectables.
Ne m'en veuillez pas trop, c'est les vacances ...






08/08/2010

Ailleurs

C'est le temps de rentrer,
De repartir vers d'autres horizons,
Avec dans la tête,
Comme à chaque fois,
Le plein d'images, de souvenirs, de chants, d'odeurs, de rires ...
Aller voir ailleurs comment ce monde change,
Pour revenir ensuite,
Avec aux lèvres,
Cette vieille chanson de François Béranger :
"Ça doit être bien,
d'être de quelque part,
D'en partir et puis d'y revenir,
Quand on est de nulle part ..."




05/08/2010

Devinette

Une fois n'est pas coutume,
Je vous laisse interpréter cette image,
Non retouchée, je le précise,
Au gré de vos idées,
De votre imagination ...




La solution,
Quand (et seulement quand)

Vous avez émis une hypothèse,
En cliquant .

04/08/2010

Pierres

Pas facile de les prendre en photo,
Finalement, ces pierres là.
Peut-être parce qu'il y a tant et tant de monde qui essaie ...
Pas facile non plus d'écrire et décrire ce qu'on y ressent,
Quand on est au milieu.
De pas facile en pas faciles,
On ne sait quoi en penser,
Emerveillé,
Par delà les hypothèses,
Ou les suppositions les plus fantaisistes,
Et on ne peut s'empêcher de laisser la main
Courir le long du grain de la pierre,
De contempler les alignements, les formes,
Les mises en scène,
Comme un clin d'oeil à travers le temps,
D'homme à homme ...




Et, (toujours pour les puristes) en image panoramique, le "quadrilatère" (cromlech) de Crucuno :

03/08/2010

Apparence

Lierre.
Comme une perruque de clown,
Posée là,
Comme une hydre,
Tentaculaire,
Sur un vieux pignon de pierre,
Basculant,
Du passé au néant.

Les parasites d'hier rongent encore le présent ...


31/07/2010

Niveaux de gris

Un pays tout en noir et blanc,
Images d'histoire ou du présent,
Sur fond ivoire, se découpant,
Un jour pleuvoir, un jour brûlant,
Ombre chinoise, dessin d'enfant.



29/07/2010

Avant la mer

Oui, en fait, l'espace est là, sur la dune.
Des hectares préservés entre homme et océan,
Peuplés de plantes aux noms étranges :
Raisins de mer, Pimprenelle, Laîches,
Et autres lagures ovales,
Mais surtout odorantes :
Entre le parfum à la Daudet (Serpollet arctique),
Ou celui plus entêtant du curry (Immortelle des sables),
On ne sait vraiment plus où donner du nez ...

Alors reste à marcher, le nez au vent, pendant longtemps,
Au milieu de nulle part,
Avec, parfois, pour seul voisin, au fond,
L'océan,
Bleu. Insolent.
Envoûtant.




Et -pour les puristes - en panoramique :

27/07/2010

La p'tite terrasse

Ainsi donc,
Au pays des dolmens comme ailleurs,
La place fait défaut,
Et dans les petits villages de pierre,
Pas toujours facile
De s'asseoir pour boire un coup,
Ou profiter de son journal au soleil...

Qu'importe.
Ici, l'espace est ailleurs,
Dans la dune, la plage,
ou l'océan...



24/07/2010

Tiroirs

Avant de partir,
Je reviens sur la grand'place de la ville,
Je regarde à
nouveau cette façade.
Dans chacune de ses fenêtres,
Se mire un monde différent, des vies différentes.
La réalité, ce doit être la somme de toutes ces fenêtres,
Posées bout à bout, inexorablement.

J'imagine l'oeil à facettes d'une mouche géante,
Qui regarderait la ville,
Sous tous ses angles :
Une société découpée, hiérarchisée, pixellisée,
Et ses citoyens bien rangés dans des tiroirs :
Les pauvres, les très pauvres, les moins pauvres,
Mieux on se connait, mieux on fonctionne ...

Et l'homme, dans tout ça ?
Moi qui aime bien les belles histoires,

Des fois, je me dis :
Ce petit gamin, assis, là, le cul par terre,
La bouche pleine de chocolat et les doigts crasseux,
Comment rencontrera-t-il sa dulcinée,
Dans dix ans,
Elle,
Qui vit à six cent mètres de chez lui,
Derrière une haute grille à barreaux,
Protégée par un digicode intraitable ?

J'arrête là mes questions à la noix.
Demain, je pars en Bretagne,
Voir à quoi ressemblent les tiroirs de là-bas.
De toute façon, on s'tient au courant, pas vrai ?


19/07/2010

Avant l'orage

Quand soleil et noirs nuages donnent le la de la palette,
De l'infra rouge ombrage jusqu'à l'ultraviolette,
Blotti, Archie guette sous sa glycine :
Le long ruban de couleurs dégouline,
Rapidement dissimulé,
Sous des vents forcenés,
La magie d'un instant, le court temps d'un cliché,
La dévorer des yeux, gardant son nez levé,
Et les premières grosses gouttes aussitôt s'écraser.




15/07/2010

Porte de nuit

C'est le soir,
Quand il fait moins chaud,
Qu'Archie et sa dame arpentent doucement,
Les ruelles de la ville.

A la nuit tombée,
Les vieux quartiers sont encore plus beaux,
Les jardins chuchotent,
Les cabanes respirent,
Et seuls les murs de pierre se souviennent de la chaleur passée.

Bien cadenassée,
La porte de la nuit,
Attend encore un peu,
Pour affronter le noir.

Ses lunes et ses étoiles,
Sont là pour te guider,
On voudrait la pousser,
On voudrait tant passer,
Qu'on se sent aspiré,
Par la tôle ajourée :
C'est le pays des rêves,
Et la lumière bleutée,
Halo fantomatique,
Qui semble nous appeler.

C'est la minute brève :
Dame Archie amusée,
Rappelle à son mari,
Qu'il est temps de rentrer ...




11/07/2010

Les coquelicots

Le long des palissades,
Poussent des coquelicots,
Ce n'est pas par bravade,
Mais parce que c'est plus beau :
Ça permet une oeillade,
A côté des travaux.


Que les couleurs sont folles de nous croire rassasiés,
L'endroit n'est pas mariole, mais peut nous étonner,
Alors une cabriole, et c'est rafistolé,
Poésie et humour vivent le long des fossés.



05/07/2010

Clin d'oeil

Les voila donc revenues,
Ces vacances tant attendues,
Des petits déj' dehors,
Aux siestes dans le hamac,
Il va falloir réapprendre à regarder passer le temps,
En apprécier le plus infime morceau,
Pour mieux le décortiquer,
Le mâchonner dans tous les sens,
S'imprégner alors de ce curieux goût,
Ni paresse, ni oisiveté,
Et progressivement passer de l'autre côté,
Du côté des gens en vacances.

En commençant peut-être,
Par poser ses lunettes,

Un peu comme pour voir plus net,
Les nouvelles de ce drôle de monde
Qui nous entoure.

28/06/2010

Baroque

Je la revois,
Ses briques rouges aux joints blancs,
Ses dômes, ses arrondis, ses colonnes,
Posée là, comme un gros insecte,
Vaguement arachnéenne,
J'avais quatre ans, à l'époque,
Et j'habitais en face.
L'église baroque,
Qui ne ressemblait à rien,
Etait terriblement impressionnante,
A l'intérieur, je me souviens ,
De ces sortes de petits tunnels,
Qui me paraissaient immenses,
Mais ne dépassaient guère deux mètres de longs,
Où l'on pouvait passer inaperçu,
Et faire ainsi le tour du choeur,
L'église d'Asfeld est ainsi faite,
Qu'elle ne comporte aucune ligne droite,
Raconte le guide,
Allez savoir pourquoi,
Moi qui suis athée comme un pou,
J'aime tant me balader dans des endroits comme ça,
L'église d'Asfeld, c'est aussi pour moi,
Synonyme d'enfance, de petite enfance,
Celle où tout est gigantesque, démesuré,
Celle où reste encore à découvrir l'ensemble du monde,
Un peu cinoque,
Un peu baroque.

26/06/2010

Réflexion

Miroirs,
Excentriques mais concentriques,

En éclats, brisés comme des rêves,
Mais soudés, solides, comme un espoir qui lève,
Petits miroirs magiques,
Qu'on survole jusqu'au centre,
Point névralgique,
Où chacun peut se voir, éclaté qu'on concentre,
Tous ces morceaux de nous qui ne font qu'un,
Si différents, si incertains :

Il y a tant de choses en l'homme,
Et si peu dans son reflet.


22/06/2010

Code barre

Derrière les barreaux du bambou,
La lumière de dehors,

Eclatante, éblouissante.

Par la lucarne verte, on devine l'autre monde,
Celui qui est caché.
De l'autre côté.
Pourquoi nous faut-il un rideau pour prendre de la distance,
Avec ce monde là, perdu et sans conscience ?
Ce monde plein de couleurs étranges,
Qui nous fait rire jaune quand le bleu broie du noir,
Petites couleurs bien dérisoires,
Pour oublier le désespoir,
Un jour le foot,
Le lendemain les grèves,
Chacun son tiroir,
Bien rangé dans un placard.

Oui, derrière les barreaux, drôle de monde,
Et dire que nous ne savons même pas,
De quel côté de la prison on se trouve ...






20/06/2010

Les totems de Bonne Fontaine

Et voila.
Comme chaque année,
Revigoré, ressourcé,
Fourbu, mais satisfait,
Rempli d'une bonne fatigue,
De ces fatigues qui vous font penser,
Que les choses sont faites et bien faites,
Comme il se doit.


Et eux ?
Ceux-là auront encore découvert,
La forêt en une semaine :
Le vélo, les montées, les bois,
Les bêtes et les arbres,
Les cabanes, les veillées,
Les drôles de bruits la nuit,
Les fous rires du matin,
La bouillasse et les flaques d'eau,
Les fleurs et les tiques,
Bref, la nature pratique,
La nature artistique,
Et le petit ruisseau de Bonne Fontaine,
Grand théâtre du Land Art quotidien :
Ses totems, ses empilements, et ses petits indiens ...

Une semaine, c'est court, mais c'est bien.
Et moi là-dedans ?

Juste une main qui se tend,
Entre adulte et enfant,
Homme et petit d'homme,
Pour passer le ruisseau de la vie,
A Bonne Fontaine ou n'importe où ailleurs ...

13/06/2010

Au revoir les enfants

Comme chaque année à cette heure-ci,
Et bien loin de toutes ces considérations sur l'école,
Archie vous laisse une semaine.
Il part en randonnée-classe verte,
Avec deux classes de grands,
Dont certains quitteront l'école fin juin.
Une façon comme une autre de se dire au revoir.

Quant à Archimia,
Il faudra qu'il attende une petite semaine ...
A bientôt.




10/06/2010

Vents mauvais

Une fois n'est pas coutume,
Causons un peu business ...


Chaque fois qu'un gouvernement légifére sur l'école,
Avoué ou pas,
C'est d'abord et avant tout aux enfants que ça s'adresse :
La casse et les dégâts aussi.
Pourtant, ils en ont aussi des enfants,
Ou des petits enfants, sûrement ...

Alors, je crois,
Au risque de passer pour un vieux c...,
Qu'on risque tous de le payer très cher,
Un jour ...








07/06/2010

Comme ils vont

03/06/2010

Caché

C'est caché, en lisière de bois,
Un soir de printemps,
Que j'ai découvert ce château-là,
Et son palais de verre,
Comme un vaisseau à l'envers,
Sur son océan vert.

Derrière la lourde grille,
N'ai point vu de jardinier,
Occupé qu'il était,
J'imagine,
A parler à ses plantes,
Et à leur raconter,
La vraie vie,
De l'autre côté,
De leur prison dorée ...



31/05/2010

Le banc

Refroidissement,
Souffle de vent,
Comme une pluie de pétales sur le vieux banc,
La pivoine a tout perdu,
et se retrouve toute nue,
Rouge,
Comme une pivoine, évidemment.
Un édredon de jolis confettis,
Pour écureuil en mal de digestion,
Ou encore une garniture de nid de bébé,
Pour merle bâtisseur en quête d'inspiration,

C'est qu'il s'en passe des choses,
Là-bas, sur le vieux banc,
Certains soirs de printemps ...



26/05/2010

Bords de Seine

Comme écrivait Verhaeren,
"Le batelier promène,
Sa maison naine,
Par les canaux",

Reste que, si la maison ne suffit plus,
On peut y ajouter un rêve de plus,
Cabriolet décapotable,
Bien rangé là, juste sous la table,
Ariane Chambord, ou approchant,
Comme un reflet sur l'eau du Temps,
Luisante comme une majorette d'enfant ...



24/05/2010

Lierre

C'est un peu comme une logique à l'envers :
Plus le lierre pousse, s'étoffe et étouffe,
Plus la fenêtre diminue, dernier petit carré de vie et d'envie,
Et moins la lumière passe et se dépasse.

C'est la loi du plus fort, en quelque sorte,
Et à ce jeu, le lierre ne perd pas toujours,
Et s'en amuse beaucoup, je crois ...


22/05/2010

Vol au vent

Il est des matins de printemps
Où l'on survole gaiement le monde, au gré des vents.
Léger comme une plume,
On a l'impression d'être partout chez soi,
Ou plus encore, de n'être de nulle part.
On y rencontre des gens,
On les regarde vivre,
Mais pas le temps de s'attacher,
On s'est déjà pour plus loin, envolé,
Selon la fantaisie du destin.

Oui, finalement, la vie des hommes ressemble fortement,
A toutes ces graines de pissenlit,
Graines de paradis,
Ou bien d'enfer,
Suivant le vent qu'il fait,
Sur la planète terre.

Reste après le passage de ces flocons diaphanes,
Un instant de silence, qui sur la nature plane,
Le rêve,
Le grand rêve, chéri par l'homme, et dont il a besoin,
La possibilité de se laisser pousser, encore un peu plus loin ...


 

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