[] Archimia

28/02/2010

Coup de vent

Séisme au Chili,
Menace de tsunami au Japon,
Tempête Xynthia sur la France,
Vous allez voir que notre bonne morale judéo-chrétienne
Va vite reprendre le dessus,
Et proclamer, à qui veut bien l'entendre,
Qu'il va nous falloir expier toutes nos fautes ...

Plus raisonnablement, même si Claude Allègre (*)
Continue de chanter sur l'air des trompettes d'Aïda,
Qu'il y a "imposture climatique" et "fausse écologie",
Et que l'homme n'est peut-être pas responsable de tout,
J'ai quand même plutôt tendance à penser
Qu'il y est pour quelque chose (l'homme pas Claude Allègre).
Voire même pour beaucoup.

Continuons donc de faire le gros dos (sous le vent)
En attendant la suite ...

(*) Que Claude Allègre raconte n'importe quoi n'est pas à priori une nouveauté : Il a même déjà été ministre de l'Education nationale, c'est vous dire ...


25/02/2010

Histoire d'histoires

Vieilles pierres insalubres ou bien cages à lapins,
L'homme a toujours beaucoup d'imagination,
Dés qu'il s'agit d'imaginer ses propres prisons.

Pourtant ici aussi,
Derrière chaque carreau, il y a une vie.
Celle de Yoyo, fils de femme de ménage,
Qui avait ramené le flingue de son cousin
Dans son cartable au collège,
Ou bien celle d'Ayé,
Grand manipulateur de conditionnel présent,
Malgré son Maroc natal,
Qui disparut un soir d'été le long d'un quai fatal.

Des histoires, il y en a des tas d'autres,
Des qui finissent bien,
Des qui finissent mal,
Des qui ne sont pas prêts de se terminer ...
Si je sais tout ça,
C'est que j'y ai bossé,
Pendant dix-huit ans.

Ici, c'est un peu comme un village,
Des gens attachés, mais attachants,
N'en déplaise aux statistiques de notre sainte-mère l'Ecole,
Alors, ce soir, en marchant là,
Je me dis que ça n'a pas trop changé,
En dix années,
Je revois leur têtes,
Leurs sourires,
Tranches de vie,
Tranches d'espoir,
Tranches de noir.

C'est bon les premiers soleils de presque mars ...
Et la lumière, bon dieu, la lumière ...



22/02/2010

Retour à zéro

Peut-être parce que toute l'histoire de l'homme
A commencé par deux pieds et deux mains,
Pourquoi ne pas revenir tout droit aux origines ?

Au départ, bien avant de voir,
Deux mains pour toucher,
Bien avant de saisir,
Deux pieds satellites pour sentir ce qu'il y a autour,
Puis ensuite, plus tard, bien plus tard,
Pour partir à la conquête de ce monde,
Jusqu'à se dresser sur ses deux pieds,
Passer à la verticalité vers d'autres horizons,
Poursuivre l'aventure à tâtons,
Et s'emparer de la vie à pleines mains ...

Des pieds pour marcher, courir, sauter, danser ou battre la mesure,
Des mains pour tirer, dessiner, caresser, aimer ou lécher la confiture ...




Et Archie fait des pieds et des mains,
Pour que dans l'argile recommence,
De l'homme, cette curieuse danse,
Garde les pieds sur terre, en quelque sorte,
Et n'y va -surtout pas- de main morte ...

18/02/2010

L'échappée belle

Et voici le délicat moment,
Où je vous abandonne un peu,
(mais pas complètement)...

Allez ! Je vous laisse jusqu'à la semaine prochaine avec la concierge,
Qui doit être dans l'escalier, je suppose ...


D'ici là,
Le printemps sera revenu,
Ou presque.

17/02/2010

Embouteillage

Parfois, les reflets de la ville
Nous font leur cinéma, comme ça, sur grand écran,
Et je reste assis là, coincé dedans ma file,
A admirer tout ça, pendant le chargement ...



Et j'imagine, que ,comme les choses, parfois sans doute, les gens,
Se mettent à ressembler,
A bien d'autres reflets,
Plus grands.

Ne sommes-nous vraiment que des miroirs du temps qui passe
Ou quelquefois, dans la rue, osons-nous afficher nos audaces ?

Certains jours,
Il s'en passe des choses, dans les files de voitures, sur la grand'place ...

14/02/2010

Pan

Encore un peu de patience en attendant le printemps,
Je vous propose un souffle de musique,
Sur fond de neige glacée.

Et même si dame Nature semble déconcertée,
Vous saurez, j'en suis sûr, tout seul, vous débrouiller ...





11/02/2010

Jour de rangement

Ça faisait bien longtemps que je ne vous avais pas parlé peinture. Celle-ci date de janvier 2006 et s'appelle "Le marché". Voici ce que j'en écrivais à l'époque ...

Le marché est un drôle d'endroit.
Une fourmilière où chacun s'active.
Ça grouille de monde et pourtant on peut s'y sentir seul,
Comme souvent dans les foules.

Je marche tranquillement dans les allées,
Bousculé quelquefois par des gens trop pressés.
Je ne les vois pas vraiment. Ils passent.
Ils laissent juste un écho visuel dans le paysage,
Une silhouette furtive, vite désagrégée...

Je ne regarde pas vraiment. J'écoute plutôt.

La rumeur : mélange de musique, des cris des harangues des vendeurs, des clients qui marchandent, des enfants qui rient en découvrant les poules et les canards jacassant à tue-tête.

Le cadre aussi est un vrai plaisir :
La majestueuse place semble coupée en deux par cet océan de bâches
Sous lesquelles tout se déroule.
Etonnant quadrillage de lignes horizontales et verticales ...

C'est un vrai refuge humain qui se devine là-dessous.
Il y fait plus chaud, plus clair...

... un vrai bonheur de petit matin.


Voila ce qu'on trouve ici,
Quand on est parti à ranger,
Les matins frais de février,
Juste un petit clin d'oeil du passé.

Pour les puristes, le lien sur la photo vous conduit au gros plan de la toile, mais je la préfère comme je vous la montre, dans son environnement, sur mon bureau ...

09/02/2010

Elle danse comme une manche

Hirsute et mal fagotée,
La manche a un drôle d'air :
Pourtant, elle n'en manque pas.
Elle tourbillonne,
Perd la boussole face à Eole.
Elle tente bien des effets de manche,
Elle papillonne, elle se déhanche,
Mais rien de rien,
Elle ne parvient,
Qu'à faire la manche,
C'est déjà bien.
Le vent gagne donc la première manche,
Et Archie rêve,
Sur fond de ciel pommelé,

Et son esprit,
S'envole aussi,
Ailleurs, au loin, comme sur un tapis volant,
Mais ça, c'est une autre affaire,
Une autre paire,
De manches ...


06/02/2010

Petite chronique de l'exode


Elle est droite et rectiligne,
La gouttière qui monte au ciel.
Comme le haricot géant,
Elle te conduit vers le néant.
Tu n'es plus qu'un petit point tout là haut,
Tu n'as plus ni froid ni chaud.
Je ne me souviens plus au juste
Quand a commencé le grand déclin,
Etait-ce après la guerre ? Avant ? Enfin ...
Un jour, ils se sont mis à fuir,
Petit à petit, progressivement,
Ils ont quitté la ville,
Ils l'ont laissé tomber.
Ils disaient qu'ailleurs,
Tout était meilleur :
La couleur de l'eau et le parfum des fleurs,
Du boulot pour tous, et puis de la chaleur ...
Et les autres les ont crus.

Des rues étroites jonchées de pierres,
Ne reste plus que les gouttières,
Là où résonnaient des cris d'enfants
Hurle un silence assourdissant.

C'est fatiguant de devenir vieux :
Je vais reprendre ma voiture
et rentrer chez moi :
Je crois que j'ai un peu froid...

04/02/2010

Virée

Par ce joli soleil d'hiver,
Je vous propose une petite balade,
Une vraie virée dans un espoir de lumière,
Pourquoi ne pas retourner à Auvers ?
Redécouvrir les ruelles montantes,
Qui serpentent entre les murs,
Mais t'aspirent vers le haut.




Puis arriver à l'église, étonnamment froide,
Revoir ces lignes si droites,
Que c'en est presque une insulte au tableau,
Se dire qu'il a marché là,
Qu'il a peint là,
Immensément seul, bien qu'entouré de monde,



Puis prolonger jusque plus haut,
Au terme de l'histoire,
De son histoire,
Là où la ville cède la place aux champs,
Si près du but,
Là où se reposeront Théo et Vincent,
Pendant encore longtemps,
Rester devant l'entrée du cimetière,
Attendre avant d'entrer et respirer Auvers ...





02/02/2010

Rousse

Et tandis qu'Obama casse la baraque,
En annonçant à grands renforts de médias,
Qu'il veut décrocher la lune,
Et abandonner la poursuite,
De sa conquête,
Je repense au rapport de la fondation,
A ses trois millions et demi de mal logés,
dont six cents mille enfants quand même,
Six cent mille,
C'est l'ensemble de la ville de Nantes, par exemple,
Et je me dis, Oui Barack,
Bien sûr, ça n'a rien à voir,
Bien sûr, c'est sans doute dommage,
Mais il est bon parfois aussi d'arrêter de rêver,
Sous peine de tomber (de la lune),
De hurler (à la lune),
Voire même de devenir con (comme la lune).


Allez tiens, je ne t'en veux pas,
Je te propose une aventure autrement plus audacieuse,
Et qui, au final, créerait bien plus d'emplois :

La conquête du bonheur retrouvé,
Avec un toit et de quoi manger, pour chacun ...
Juste ça.


Utopitre ? moi ?
Chiche !




 

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