[] Archimia

09/05/2009

Derrière le jardin

C'est l'histoire d'une toile que j'ai peint, il y a sept ans ...
Comme d'habitude, je ne suis pas satisfait de ce cliché : la peinture est extraordinairement difficile à photographier (celle-ci est vernie, et rend des effets de brillant, même si on utilise pas de flash, et puis les couleurs sont modifiées par exemple le sol n'est pas noir mais bleu très très foncé ...), bref, je me plaîs à imaginer une longue histoire de mépris entre peinture et photo ...


J'avais fait cette toile à partir du bout de mon jardin et j'avais travaillé sur la notion de frontières. Je m'étais demandé à quel endroit l'univers pouvait s'achever, et même s'il achevait, en quelque sorte ... bref, des questions bizarres et sans réponses qu'on peut se demander quelquefois le soir, assis dans son jardin lorsque la nuit commence à tomber ...


 
A son sujet, j'avais écrit en Nov 2002 :
D'abord, tout juste derrière, je connais encore ... c'est tout près.

Puis ça s'éloigne, on voit moins bien, il faut deviner, imaginer...
Et c'est le soir, en plus ... On devient suspicieux sur ce paysage ...

Qu'y a-t-il Vraiment ?

Derrière le jardin, c'est le monde de l'Autre.

Et toutes les données sont changées. Toutes les lois sont changées.

Cela n'a rien à voir avec la taille de ton territoire : Même si tu dois traverser ton "chez-toi" pendant des heures, il y a toujours un moment où tu arrives "derrière le jardin".


Les voila, les frontières de nos propriétés. Fini, l'endroit où tout est sûr, tout est connu. En même temps, tu es curieux, tu voudrais savoir ...

Finalement, c'est toute l'histoire de l'Homme, c'est toute notre raison qui est basée là-dessus :
sur ce qu'il y a ... derrière le jardin.

08/05/2009

Trois fois rien

Ce matin,
Temps mi figue-mi raisin,
Un peu de brume, de vent,
Et des nuages pas trop méchants.
Rien qui puisse vraiment empêcher,
D'aller dehors montrer son nez.





J'enfile des bottes,
Vais faire un tour,
Marcher dans la bouillasse,
Avec ma vieille pelure
Qui ne craint pas la crasse.
Temps idéal pour un jour férié,
Pour un défilé,
C'est ça. Je m'en vais pour un genre de défilé.
Loin des humains,
De leurs interrogations, de leurs commémorations,
Loin de tous ces mots en "tion",
Qui font froid dans le dos ou vous brûlent le citron.

Ce matin, je défile au pays des arbres et des oiseaux,
Sans flamme à ranimer,
Juste l'air à respirer,
De cet air grand et profond,
Qui vous accroche un sourire au menton.

07/05/2009

Cahier

Toutes ces choses qu'on a pas su faire,
Quand on était enfant, quand on était ado,
Ou quand on était jeune, tout simplement.
C'était, il y a bientôt,
Quand on était vivant, en tout cas.
Ces regrets éternels qui ne servent à rien,
Sinon à se rappeler qu'on a pas tout loupé,
Ces choses de l'enfance qui se mélangent,
Ces révolutions qu'on aurait aimé faire,
Et ces amours d'un jour,
Tous ces moments tombés dans l'oubli,
Ou plutôt, découpés, brassés, mixés,
Qu'on découvre en morceaux dans le grand saladier,
Le sourire de ce gosse, comme celui de son père,
Est-ce le tien ? Celui de ton fils ou celui de ton frère ?

Et on se retrouve tous un beau matin,
A remonter ce drôle de chemin,
Le long des ans,
Gamin et vieux en même temps,
Au milieu de souvenirs qui arriveront demain,
Avec aux lèvres, une étrange musique amère,
Gravée sur un cahier d'écolier,
Comme un refrain sans fin,
Comme un refrain en vain.





06/05/2009

Maison close

J'adore, vous le savez,
Montrer toutes les occasions, les situations
Que la Nature utilise pour reprendre ses droits.

D'abord, ça nous permet de rester modestes,
Et ça, nous en avons tou(te)s besoin,
Et puis, quand elle reprend les choses en main,
Elle fait ça tellement mieux que nous,
Avec grâce et simplicité,
Comme ça, d'un rien, elle vous fiche
Une ambiance, un spleen, ...
Et sans beaucoup de matériel, en plus !

Non vraiment, la Nature, j'vous jure,
Si elle n'existait pas ...
Faudrait sans doute l'inventer .... 's pas?





04/05/2009

Le pays dont on parle si peu

Dans ce pays où le silence est venu,
Il n'est pas rare de rencontrer d'étranges animaux,
Moitié crocodile et sa gueule en dent de scie,
Moitié éléphant avec trompe verticale,
Mais ils ne sont guère effrayants,
Ne font plus de bruit depuis longtemps,
Finis les rugissements, les éclairs de feu,
Et souvent, dans la nuit,
Comme des regards de braise avec du rouge aux yeux,

Les enfants d'ici n'ont plus peur.
"Ni frayeur, ni fraiseur, ni fraîcheur"
Devient la dernière devise de cet endroit,
Où lentement et silencieusement,
A nouveau,
La végétation croît,
Et reprend ses droits,
Jusque sur les toits ...



Faux-semblants

Période de congé terminée,
Avec, en guise de clin d'œil,
Ce regard ironique d'un Archie dans les feuilles,
Où ce qui est derrière et passé,
Se retrouve devant et à venir,
Où ce qui se trouve dedans bien au chaud,
Semble jouer dehors le rôle d'attrape-nigaud,
Et, au milieu de tout ça, la tête de l'auteur, à plaisir,
Découpée par une autre fenêtre prête à tout réfléchir ...





Illusoires illusions illustrées,
De nos douceurs bercées.

02/05/2009

Enthousiasme


Petite escapade parisienne en famille de deux jours et ... me revoila !

Et, vous savez quoi, ce qui m'étonne le plus et m'émerveille en rentrant de ce voyage éclair, ce n'est pas l'explosion de formes et de couleurs des toiles de
Kandinski présentées à Beaubourg, ce ne sont pas les extraordinaires -et délirantes- présentations de "La force de l'Art 02" au Grand Palais, non, ni le fabuleux musée du Quai Branly, non plus. Non pas que ce ne soit pas époustouflant, mais ça, on le savait que, quand elle veut s'en donner la peine, la France est capable de réaliser des prouesses dans le domaine de la Culture.

Non, moi, ce qui m'a ébloui, moi pauvre petit provincial qui passe ici une fois tous les deux ans (et qui ne supporte d'ailleurs pas d'y rester plus de deux jours : c'est physique) c'est cette soirée dans un petit resto sans prétention, genre "flammeküche" avec cette formidable tablée d'une vingtaine de jeunes (20/25ans) d'au moins sept ou huit ethnies différentes.

Et ça causait, et ça chantait, et ça riait : des blacks aux asiatiques en passant par des Leïlas blondes comme la bière, ou des afro-cubaines blaguant avec des pakistanais ...

Alors ce Paris là, oui, m'éblouit et me fait envie. Oh ! Je n'envie pas leur jeunesse, non. Après tout chacun son heure, chacun son temps. J'envie ce qui se profile derrière.
Ce formidable pied de nez à la pauvre manif' minable de l'extrême droite hier après-midi et je crois qu'il y a des signes qui ne trompent pas.

Je ne vois pour illustrer mes propos que cette photo :






La pierre, celle dont est faite notre terre, peut elle-aussi être constituée d'éléments hétérogènes, qui sont peut-être différents, mais qui sont assemblés, liés ensemble par leur histoire ...

Gageons que l'être humain, pour une fois, réussise aussi bien que la Nature ...

Mes amis géologues me feront remarquer que ce matériau là est moins solide pour résiter aux chocs.
Voire.
Et quand bien même ce serait vrai, il est tellement plus beau ...
 

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