[] Archimia

18/01/2010

Les deux portes

Le bien, le mal,
Le gai, le triste,
Le bonheur, le malheur,
Le riche, le pauvre,
Elles me font rigoler, ces deux portes.

A toujours tout vouloir partager entre deux entités contraires,
L'homme finit aussi par l'introduire jusque dans sa demeure,
Pour mieux s'en imprégner le cerveau.
Elle serait donc si terrible, cette vie,
Si elle penchait toujours du même côté ?

Même cette maison n'ose pas répondre.
Nichée dans vallée de la Semoy,
En plein pays du schiste...

Et toi Ô lecteur,
Qui te croit si sagement à l'abri,
Derrière ton écran de protection,
Fort de ta grande expérience,
Laquelle des portes franchirais-tu d'abord ?
La belle ou la moche ?




15/01/2010

Aspiration

Quand le mur lui-même appelle au secours,
A moins que ce ne soit le graffeur,
Dévoré, digéré par ses propres tags,
Noyé dans des couleurs percutantes à faire crier le béton,
Perdu quelque part entre dessin et écriture,
Crobar, sténo et littérature,
Vivant.




14/01/2010

Là-bas

Elle est là, sous nos pieds depuis si longtemps.
Elle craque. Ici. Là-bas.
Et tout à coup, ce bruit là couvre nos voix ,

Elle bouge, elle rampe, elle remue comme un animal blessé.
Là-bas : à la fois si loin et si près.
Et nous ici. Minuscules, dérisoires.




12/01/2010

Petit drame de la forêt


Tapie dans un sous-bois aux couleurs acariâtres,
Dame Trémelle fait sa maline,
Avec sa robe style mandarine,
Et elle nous met des couleurs folles,
Molles,
Des couleurs que nos yeux cajolent,
Espérant le temps des girolles.

Mais la Trémelle,
Très belle,
Sait qu'il n'y a pas de doute possible,
Vu qu'elle n'est même pas comestible.

Alors, résignée, elle se contente humblement,
De décorer nos hivers silencieusement,
Et attend avec nous le retour du printemps ...


10/01/2010

Grandir


Regarde Petite,
Regarde l'horizon qui t'appelle,
Dans le petit matin glacé.
Ecoute Petite,
Ecoute les rumeurs de la ville,
Ecoute les jardins pleins d'enfants,
Va. Je ne bouge pas d'ici.
Cours les retrouver,
Cours.
Aussi vite que tu peux,
Et n'ai pas peur, Petite :
Je reste là,
Je serai là.


Combien de temps, crois-tu,
S'est glissé juste entre nos deux mains ?
Cinquante années et des poussières,
Plus d'un demi-siècle,
Tu te rends compte ?
Presque un morceau d'histoire.
Tu vois que je n'ai pas peur d'attendre,
Maintenant, cours les retrouver, Petite.
Envole toi.

Mais oui, je t'assure, moi aussi, je suis heureux,
A quoi servirait le rire,
Si on avait pas aussi des larmes dans les yeux ?







06/01/2010

Petit intermède musical

Je cherchais un truc marrant pour te faire oublier le froid. Je me suis dit qu'à défaut de vraiment te chauffer, ce tas de bois pourrait au moins te réchauffer ...

Je m'explique : Archie a encore fabriqué une de ses machines infernales qu'il affectionne, qu'il baptise pompeusement "objet sonore" ...

Alors le mode d'emploi est simple, Ô lecteur (trice) averti(e) : tu promènes tranquillement ta souris sur ce tas qui se gondole (de rire) et tu écoutes l'Afrique t'envahir ...

Percutant, non ?




03/01/2010

Insolence

A peine les derniers vœux prononcés,
Les dernières résolutions prises,
Qu'on s'impatiente de l'hiver.
Déjà les jours rallongent,
Mais le froid, le vent et la glace
Continuent de jouer les grands artistes,
Tout là-haut.

Archie, qui trouve souvent,
Ce qu'il ne cherche pas,
Tombe en pâmoison devant cet amas-là.
Car si le rouleau de barbelé
Reste le symbole de l'interdit humain,
Le sculpteur s'en soucie peu,
Et tourne en ridicule le défendu,
Y ajoutant poétiquement sa note humoristique,
Au nez et à la barbe (blanche) du grand gardien de l'Ordre.

Oui, décidément, j'aime l'hiver, j'aime le froid,
Et son pied de nez incessant à la stupide vanité de l'homme,
Ça me ressource ...




 

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