[] Archimia

15/03/2011

Marche à l'ombre

Dés qu'il s'agit de nucléaire,
On retrouve toujours les mêmes peurs dans la rue,
On entend toujours les mêmes sornettes à la télé.
Et si combien est stupide le "nos centrales sont les meilleures",
Combien n'est-il pas plus stupide pour une population
D'attendre qu'un accident se produise pour s'inquiéter ?


Toutes ces questions sans réponses ont déjà été posées, rappelez-vous,
Il y a une quarantaine d'années.
A l'époque on nous traitait d'écolos,
On nous accusait de "vouloir retourner à la bougie",
Et puis finalement, grosso modo,
On imposait l'implantation des centrales,
En soufflant le Chooz/vous z'aurez du boulot,
Et le froid/des milliers de CRS qui aboient.

Pour avoir participé activement à cette période,
Je dois te dire qu'un beau soir, tu te retrouves devant ta glace,
Et tu te dis: voilà. J'ai perdu,
On ne peut pas avoir raison contre tout le monde, ou presque.
C'est comme ça.
Et tu n'en veux pas à la terre entière, non.
Parce que dans ceux qui sont pour ou qui s'en foutent,
Il y a aussi des gens que tu aimes,
C'est comme ça.
Et un jour, ça te revient en pleine gueule,
Quarante ans plus tard,
Et c'est tout juste si ces gens là ne reviennent pas te dire :
Incroyable, mais comment on a pu en arriver là ?
Et toi tu hésites entre les étrangler, hurler,
Ou bien partir marcher dans la forêt.

Voila, tout est dit à propos du nucléaire,
Qui malgré tout ce qu'on puisse en dire,
Ne sera jamais un moyen sûr de produire de l'énergie,
Alors des accidents, il y en aura forcément,
Au Japon ou ailleurs,
On le sait, ça faisait partie du contrat qu'on a pas signé.

Ce qui est con avec l'homme,
C'est qu'il est en même temps génial et stupide,
Repoussant et attachant,
C'est sans doute pour ça qu'il finira comme il va finir.

Désolé d'être tristounet ce matin,
Ça doit être les premiers soleils,
Ça va passer, rassure-toi.

 

10/03/2011

Divagations fumeuses

Regarde ces lignes brisées, parallèles ou sécantes :
L'homme structure l' espace comme sa tête,
Bien rangé, superposé,
Chaque chose à sa place, dans son tiroir.

Des couches qui s'empilent,
Des strates, des tranches de vie.
C'est ainsi qu'il voit le monde, l'homme,
Comme un vieux séchoir à tabac de l'Ardenne belge.

Et le monde, ça le fait rigoler,
De s'imaginer comme ça, tout carré,

Fragile comme un mikado debout,
Encore qu'il est ici depuis un siècle à peu près.
Oui il est comme ça, le monde,
Et il se demande bien pourquoi,
Il n'y a pas de lignes rondes dans la tête de l'homme,
Alors qu'il y en a partout ailleurs.

Bien qu'à y regarder de plus près, finalement,
A voir les lignes qui composent le séchoir, tiens, par exemple,
Si tordues, torturées, courbées, polies, frottées, ...

Tout est question d'impressions, non ?

Alors, en rogne, l'homme se met à ronchonner,
Se roule un clope avec son tabac gris de la Semois,
Et continue de s'empoisonner lentement,
En rêvant d' univers cartésiens ,
Où la ligne droite règne en maître absolu ...





02/03/2011

Après l'hiver

Une fois l'hiver passé,
Cherchez bien sous les feuilles en goguette,

A l'aveuglette,
Et tachez de trouver,
Les restes de l'été.


La dame, pudiquement cachée,
Sous sa résille de dentelle,
A tout oublié de ces chaleurs passées.
Longtemps, bien longtemps,
A conservé sa graine,
Bien protégée,
Dans cet écrin ciselé.

Reste au vent et à la météo,
De bien vouloir faire leur boulot,
Pour que d'autres tabourets puissent éclore bientôt,
Quand le soleil sera haut, tout là-haut,
Au milieu des champs.
Charmant.


 

27/02/2011

Clin d'œil

Qui donc déclare la forêt triste en hiver ?


Au détour d'une vieille souche,
Rencontre avec une cladonie,
Portant sans complexe des apothécies rouge vif,
De quoi illuminer la forêt dans le brouillard,
Une minuscule guirlande posée là par hasard,
Clin d'œil de la famille lichen, toujours aussi bizarre.






19/02/2011

Crépusculaire

Silhouettes du long du fleuve,
Ecrites là, tirées,
D'un seul trait de crayon,
Comme un dessin d'enfant.


Contours qui partagent la feuille
En deux mondes différents,
Du noir venu du soir au drapeau insolent,
Aux pâles lumières des cieux d'un soleil qui s'ennuie,
Vieillir, finalement, c'est peut-être découvrir la gamme des gris.


 

10/02/2011

Symétries oniriques


07/02/2011

Tiens !

Pas encore tout à fait là,
Mais déjà comme une lumière, une douceur,
Cette autre façon de regarder par la fenêtre,
D'écouter le bruit du vent,
Et des premiers oiseaux,
Comme si on traversait le seuil de quelque chose
Comme si, irrésistiblement, tiré vers l'extérieur,
Nous prenait résolument cette envie insatiable,
D'aller jouer .... dehors.



 

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