[] Archimia

24/09/2009

Funambule

On est souvent comme ce piaf sur l'image,
Seul, dans le brouillard,
Au milieu d'un tumulte,
Qu'on pressent, plus qu'on ne le voit vraiment.
On ignore alors pourquoi on se trouve là,
Alors que tout autour de vous, résonne en fracas,
On se dit alors qu'on a bien de la chance,
Que ce n'est peut-être pas normal,
Ni moral,
Mais que c'est ainsi.
Après tout la vie se fout bien de la morale,
Et la rivière aussi.
Elle noie qui elle décide,
Et laisse flotter les autres.






On se dit aussi que la seconde d'après,
Tout peut basculer,
Et nous avec.
C'est ainsi qu'on vit peut-être,
Toujours à quatre dixièmes de seconde d'une catastrophe,
Qui n'arrive jamais.

Si j'écris ça ce matin,
C'est que je pense à une petite fille de cinq ans,
Qui ne doit pas bien comprendre ce qui lui arrive,
La vie n'est ni moche, ni gaie : elle est, c'est tout.

Et nous la-dedans ?
On passe du rire aux larmes,
En équilibre sur le bonheur,
Comme un p'tit piaf,
Le long d'un arbre ...

22/09/2009

Racines

Un jour, un matin, je me lèverai,
Je marcherai longtemps.
Je traverserai tout droit la terre froide,
Je franchirai les routes, les forêts, les collines,
J'irai jusqu'à la frange colorée qui souligne la plage,
Je franchirai la dune aux mille fleurs,
J'écraserai les raisins de mer écarlates, les panicauts violets,
Les immortelles à douce odeur de safran,
Lentement, je descendrai vers la mer,
Je retournerai voir comment finit la terre,
Là, je sortirai de ma poche,
Ce petit flacon plein de cette terre sableuse,
Qu'on trouve dans le jardin, près de la maison,
Tu sais, ce petit flacon que j'avais conservé,
Je le répandrai dans l'eau salée.




Un peu de chez moi, un peu de moi,
Dans l'immensité liquide.

Sans doute penseras-tu que j'aurais voulu naître là,
Mais on ne choisit pas sa forêt,
C'est peut-être elle qui vous choisit ...
Et puis, tu sais, je suis si bien chez moi ...

Je ne sais pas au juste pourquoi,
J'aurai besoin de faire ça,
Je sais seulement qu'après, j'éprouverai,
Dans tout le corps,
Un immense sentiment de sérenité,
l'impression de relier deux morceaux de moi :
Un seul jardin pour une seule terre,
Avec mon corps,
Dessus.

21/09/2009

Dans la rue

Je vous l'avais promis :
Charleville fait son festival,
La ville en fête, la rue en folie,
Sourires et grimaces derrière les vitrines,
Rires et chuchotements derrière les rideaux,
La marionnette, c'est toi, c'est moi, n'importe quoi,
Une pelleteuse, même, pourquoi pas ?
Rien n'arrête les limites de la poèsie et de l'imagination,
Réunies ...
Vite : il reste encore six jours !



18/09/2009

Clin d'oeil

En attendant de découvrir les photos du festival, je vous propose un petit retour sur le passé ...

Souvenez-vous, c'était en mars dernier, je vous parlais de mes projets de décorations du jardin ...Le printemps a passé, puis l'été ... eh bien qu'en a-t-il été au juste ?


Juste deux petits clichés de rien du tout pour vous montrer mon "piégeafleur" en osier vivant.



 
C'est bon, je crois que l'automne peut venir, maintenant.
Allez. Je file bosser...

16/09/2009

Forceps ?

Tagadaaaaaa... C'est la dernière lubie d'Archie ?
Naaaaaaan.
Tous les trois ans, ça lui reprend,
Il emmène en train, loin devant,
Cent quatre vingt gamines, gamins,
(et vingt adultes)
Au spectacle de la grande ville,
La ville d'Arthur, aux semelles de vent,
Qui deviendra une semaine durant,
Le théâtre de l'imaginaire des cinq continents.

Oui, demain, tout le monde s'en va, c'est chouette,
Au
Festival mondial des théâtres de marionnettes,
Découvrir les rues en fête,
Et un spectacle en salle, rien que pour eux ou presque.



Et il en faut, tu sais, de l'énergie,
Pour convaincre les parents d'accepter,
Qu'ils nous confient leurs 'tiots une journée ...

Il faut vérifier :
Qu'ils sont autorisés,
Qu'ils sont assurés,
Qu'ils ont bien rendus leur fiche santé,
Que le pique-nique ne sera ni trop lourd, ni trop léger,
Qu'ils seront bien chaussés pour marcher,
Qu'à la gare, le soir, on viendra les chercher,
Qu'ils ont bien donné les trois euros demandés,

Tu penses que c'est un peu la Culture par les forceps ?

Peut-être, mais on a pas le choix,
Ceux pour qui on fait ça,
Ne sortent jamais de leur quartier.
Disons plutôt qu'on y croit,
Sinon on ne bosserait pas là ...

15/09/2009

Crise ? Quelle crise ?

Avec la rentrée, c'est le grand retour du quotidien. Je retrouve mes mères d'élèves.

Celle-ci m'apporte hier un chèque de 8 € -la coopérative de son fils- en me demandant de ne pas l'encaisser avant début octobre. Celle-là regrette de ne pas pouvoir donner plus de 5 € d'argent de poche à chacun de ses 2 ados de gamins pour aller sur la foire ; et ce qui l'embête le plus, c'est qu'elle ne sait pas comment leur dire qu'elle ne peut pas plus, elle n'y arrive pas. Ils ne comprennent pas ... Evidemment, dehors, dans les magasins, à la télé, il y a tellement de choses qui tentent ...


Une autre encore me confie que ses filles ne viendront pas pendant une semaine, parce qu'elle part aux vendanges, vu que c'est trop dur financièrement en ce moment, et qu'elle les emmène avec elle parce qu'elle n'a aucune famille sur place ...

Ne jugez pas surtout. Ce ne sont pas de "mauvaises" mères. Bien au contraire. Mais bon : la réalité est là.

 


Y'a pas à dire, si j'en crois les mères des élèves de mon école, eh bien non, la crise n'est pas finie, ni même passée ...

... sauf pour les traders peut-être ...



14/09/2009

'tite chanson du ménage




C'est le grand ménage du lundi,
C'est celui qui ratiboise,
C'est celui qui rajeunit.
Entre coups de lavette sournoise,
Ou grand torchon qui étourdit,
C'est la lessive qui pavoise,
Et chasse peu à peu les ennuis,
Quand le soleil, ombre chinoise,
Remet des couleurs à la vie.
C'est le grand ménage du lundi,
C'est la gaieté qu'on apprivoise,
C'est deux regards qui s'entrecroisent,
Le début d'un amour joli...
 

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