[] Archimia

31/01/2010

Torpeur

Chez Archie, on se chauffe au bois.
C'est la vie. C'est comme ça.

Allez ! Un peu de patience et monte le son ...

29/01/2010

Inclusion

Jouer avec de la glace,
De la lumière qui passe,
Et tout ce qui traîne en surface ...

Ça me rappelle les bricolages,
De quand j'étais gamin :
Moi, je n'en avais pas,
Mais j'avais des copains
Qui avaient le coffret complet,
Pour pouvoir fabriquer des inclusions.
Fleurs séchées, verroterie, insectes morts, cailloux,
Tout était bon pour les remplir :
Petites prisons dorées,
Horribles ou magnifiques,
C'est selon ;
Fascinantes en tout cas.

Bien des années après, devant ce morceau ci,
Face à l'étang gelé où je l'ai déniché,
Je me dis que parfois la mort n'est pas si loin de la vie,
Mystère à jamais enfoui et pourtant transparent,
A peine traversé de quelques bulles ...
Lumière,
Magique et merveilleuse.



28/01/2010

Lapin

Un jour, c'est sûr, je deviendrai lapin.
Moi qui ne crois en rien, ça me conviendra bien.
Quand j'aurais terminé de me désespérer de l'homme,
Quand j'en aurai assez d'essayer de freiner l'inéluctable,
Quand j'aurais cesser de pleurer sur sa violence ou sa cupidité,

Alors,
Un beau matin,

Je prendrai la direction du bois et deviendrai lapin.
Oh ! Mais attention, pas un lapin de baraque, à garnir les terrines,
Non, un vrai lapin sauvage, vivant dans la forêt.

L'hiver, mon beau pelage prendra la couleur neige,
Pour encore disparaître aux yeux inquisiteurs,
Chaque soir, j'admirerai l'immense paysage,
Et le matin d'après, le soleil se lever.
Et là j'oublierai tout.

Sans cesse, je savourerai ce quelque chose de plus,
Un peu comme une autre liberté retrouvée,
Quitte, au détour d'un bois, à terminer croqué,
Par un malin goupil, acharné et têtu ...





26/01/2010

Vieilles pierres

Si tu passes par Chémery,
N'oublie pas d'aller fouiner jusque ici.
Tu la découvriras, cachée au fond d'une rue,
Sans pancarte, ni pub de bienvenue,
Au pays de l'or vert,
Les trésors se découvrent seuls,
Et avec son nez ...

C'était la maison de la Mère des Compagnons tailleurs,
Personnage vénéré qui l'accueillait et l'hébergeait,
Lors de ses étapes, pendant son Tour de France.
Avec, au dessus de la fenêtre,
Un peu comme un rébus,
Les trois outils du maître :
Marteau, équerre, compas,
Un genre de petit clin d'oeil du passé,

Pour une maison qui ressemble plus à celle de Boucle d'Or,
Qu'à un musée ...


22/01/2010

Une chose à la fois


Ô directeur,
Toujours entre deux portes,
Deux ombres, ou deux couleurs.
A régler deux problèmes à la fois,
Ou répondre à deux questions en même temps,
Chacun attend de toi que tu te coupes en morceaux,
Et toi, tu ne peux en offrir plus d'un seul.




Morceaux de toi, morceau de choix,
Dans la bavette ? L'gîte à la noix ?
Et l'école devient boucherie.
Ou bien épicerie fine, c'est selon.
Tout le monde veut sa tranche,
Un fragment sur lequel chacun s'épanche :


" C'est pas d'ma faute, celle du voisin,"
" C'est pas un menteur, mon gamin, »
" L'est 'cor en r'tard, et c'est pas rien ! "
" L'était pas malade, ce matin ? "


" Les aut' l'embêtent à la récré, "
" Où a-t-il perdu tous ses cahiers ? "
" Et qu'est-ce qu'il a fait de son cache-nez ? "

Pour leur échapper,
Le directeur n'a qu'une idée :
Se mettre à courir comme un dératé,
Il court tout le temps, toute la journée,
Sans s'arrêter, ni se retourner,
Et personne n'ose le déranger.

Il court si vite qu'on ne le voit plus,
Et chacun croit qu'on l'a perdu,


Les parents :" Une école sans directeur ? Du jamais vu ! "
Les élèves : " Ho, Directeur, t'es où ? On continue ? "
Les collègues : " Y'a plus personne, on est foutus ! "
L'inspecteur : " Quoi ? Une école sans rien au-dessus ? "


Six-heures et quart, le réveil sonne.

Le directeur ne rigole plus,
Finis les rêves un peu tordus,
L'est temps de regagner la tribu,
Un peu fourbu, toujours barbu ...

21/01/2010

Univers et faux-semblants

A bien observer cette image,
Avec un peu d'imagination
Et en plissant les yeux,
On y verrait vite un parallèle
Avec les embouteillages qui envahissent nos centres urbains.
Ordre apparent et désordre ambiant,
Cette entropie se fond alors en un magma solide,
Où chacun, pour différent qu'il soit,
Fait partie d'un tout unique.

Mieux, on y retrouve, parmi les formes et les couleurs,
L'individualité de chaque véhicule,
De la super berline décapotable grand sport,
Au vieux caffut cabossé hors d'âge,
Dont les portes tiennent à grands renforts de ficelle de lieuse,
Le tout convergeant vers une direction aléatoire nommée destinée,

Ça semble solide et compact comme ça,
Ça reste des grains d'individualité agglomérés,
Par je ne sais quelle volonté,
C'est drôle, l'humain, des fois ...


En fait, il faudrait vraiment que j'arrête de rêvasser le nez levé,
En admirant les voûtes en briques, dans les couloirs du château,
C'est comme ça qu'on se casse la figure dans l'escalier ...

19/01/2010

Pilote de ligne

Je vous envoie ces quelques lignes.
Lignes parallèles,
Lignes brisées,
Une ligne à suivre, en quelque sorte,
Avec, comme ligne de conduite,
Les lignes de la main,
Ensuite, pêche à la ligne,
Puis ligne à haute-tension,
Et même, ligne de démarcation, voire de flottaison.

Voila dans les grandes lignes, ce que je tenais à vous dire,
Point à la ligne.
(Retour à la ligne)
Penser à mettre en ligne demain.

Peut-être me suis trompé sur toute la ligne ?
Zut ! La ligne est coupée.

C'est fou ce qu'on peut faire avec une quinzaine de bouts de bois,
Et un peu de soleil, quand on y pense ...


18/01/2010

Les deux portes

Le bien, le mal,
Le gai, le triste,
Le bonheur, le malheur,
Le riche, le pauvre,
Elles me font rigoler, ces deux portes.

A toujours tout vouloir partager entre deux entités contraires,
L'homme finit aussi par l'introduire jusque dans sa demeure,
Pour mieux s'en imprégner le cerveau.
Elle serait donc si terrible, cette vie,
Si elle penchait toujours du même côté ?

Même cette maison n'ose pas répondre.
Nichée dans vallée de la Semoy,
En plein pays du schiste...

Et toi Ô lecteur,
Qui te croit si sagement à l'abri,
Derrière ton écran de protection,
Fort de ta grande expérience,
Laquelle des portes franchirais-tu d'abord ?
La belle ou la moche ?


15/01/2010

Aspiration

Quand le mur lui-même appelle au secours,
A moins que ce ne soit le graffeur,
Dévoré, digéré par ses propres tags,
Noyé dans des couleurs percutantes à faire crier le béton,
Perdu quelque part entre dessin et écriture,
Crobard, sténo et littérature,
Vivant.


14/01/2010

Là-bas

Elle est là, sous nos pieds depuis si longtemps.
Elle craque. Ici. Là-bas.
Et tout à coup, ce bruit là couvre nos voix ,

Elle bouge, elle rampe, elle remue comme un animal blessé.
Là-bas : à la fois si loin et si près.
Et nous ici. Minuscules, dérisoires.


12/01/2010

Petit drame de la forêt

Tapie dans un sous-bois aux couleurs acariâtres,
Dame Trémelle fait sa maline,
Avec sa robe style mandarine,
Et elle nous met des couleurs folles,
Molles,
Des couleurs que nos yeux cajolent,
Espérant le temps des girolles.

Mais la Trémelle,
Très belle,
Sait qu'il n'y a pas de doute possible,
Vu qu'elle n'est même pas comestible.

Alors, résignée, elle se contente humblement,
De décorer nos hivers silencieusement,
Et attend avec nous le retour du printemps ...



10/01/2010

Grandir

Regarde Petite,
Regarde l'horizon qui t'appelle,
Dans le petit matin glacé.
Ecoute Petite,
Ecoute les rumeurs de la ville,
Ecoute les jardins pleins d'enfants,
Va. Je ne bouge pas d'ici.
Cours les retrouver,
Cours.
Aussi vite que tu peux,
Et n'ai pas peur, Petite :
Je reste là,
Je serai là.


Combien de temps, crois-tu,
S'est glissé juste entre nos deux mains ?
Cinquante années et des poussières,
Plus d'un demi-siècle,
Tu te rends compte ?
Presque un morceau d'histoire.
Tu vois que je n'ai pas peur d'attendre,
Maintenant, cours les retrouver, Petite.
Envole toi.

Mais oui, je t'assure, moi aussi, je suis heureux,
A quoi servirait le rire,
Si on avait pas aussi des larmes dans les yeux ?





06/01/2010

Petit intermède musical

Je cherchais un truc marrant pour te faire oublier le froid. Je me suis dit qu'à défaut de vraiment te chauffer, ce tas de bois pourrait au moins te réchauffer ...

Je m'explique : Archie a encore fabriqué une de ses machines infernales qu'il affectionne, qu'il baptise pompeusement "objet sonore" ...

Alors le mode d'emploi est simple, Ô lecteur (trice) averti(e) : tu promènes tranquillement ta souris sur ce tas qui se gondole (de rire) et tu écoutes l'Afrique t'envahir ...

Percutant, non ?




03/01/2010

Insolence

A peine les derniers voeux prononcés,
Les dernières résolutions prises,
Qu'on s'impatiente de l'hiver.
Déjà les jours rallongent,
Mais le froid, le vent et la glace
Continuent de jouer les grands artistes,
Tout là-haut.

Archie, qui trouve souvent,
Ce qu'il ne cherche pas,
Tombe en pâmoison devant cet amas-là.
Car si le rouleau de barbelé
Reste le symbole de l'interdit humain,
Le sculpteur s'en soucie peu,
Et tourne en ridicule le défendu,
Y ajoutant poétiquement sa note humoristique,
Au nez et à la barbe (blanche) du grand gardien de l'Ordre.

Oui, décidément, j'aime l'hiver, j'aime le froid,
Et son pied de nez incessant à la stupide vanité de l'homme,
Ça me ressource ...


 

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