Hirsute et mal fagotée, La manche a un drôle d'air : Pourtant, elle n'en manque pas. Elle tourbillonne, Perd la boussole face à Eole. Elle tente bien des effets de manche, Elle papillonne, elle se déhanche, Mais rien de rien, Elle ne parvient, Qu'à faire la manche, C'est déjà bien. Le vent gagne donc la première manche, Et Archie rêve, Sur fond de ciel pommelé, Et son esprit, S'envole aussi, Ailleurs, au loin, comme sur un tapis volant, Mais ça, c'est une autre affaire, Une autre paire, De manches ...
Elle est droite et rectiligne, La gouttière qui monte au ciel. Comme le haricot géant, Elle te conduit vers le néant. Tu n'es plus qu'un petit point tout là haut, Tu n'as plus ni froid ni chaud. Je ne me souviens plus au juste Quand a commencé le grand déclin, Etait-ce après la guerre ? Avant ? Enfin ... Un jour, ils se sont mis à fuir, Petit à petit, progressivement, Ils ont quitté la ville, Ils l'ont laissé tomber. Ils disaient qu'ailleurs, Tout était meilleur : La couleur de l'eau et le parfum des fleurs, Du boulot pour tous, et puis de la chaleur ... Et les autres les ont crus.
Des rues étroites jonchées de pierres, Ne reste plus que les gouttières, Là où résonnaient des cris d'enfants Hurle un silence assourdissant.
C'est fatiguant de devenir vieux : Je vais reprendre ma voiture et rentrer chez moi : Je crois que j'ai un peu froid...
Par ce joli soleil d'hiver, Je vous propose une petite balade, Une vraie virée dans un espoir de lumière, Pourquoi ne pas retourner à Auvers ? Redécouvrir les ruelles montantes, Qui serpentent entre les murs, Mais t'aspirent vers le haut.
Puis arriver à l'église, étonnamment froide, Revoir ces lignes si droites, Que c'en est presque une insulte au tableau, Se dire qu'il a marché là, Qu'il a peint là, Immensément seul, bien qu'entouré de monde,
Puis prolonger jusque plus haut, Au terme de l'histoire, De son histoire, Là où la ville cède la place aux champs, Si près du but, Là où se reposeront Théo et Vincent, Pendant encore longtemps, Rester devant l'entrée du cimetière, Attendre avant d'entrer et respirer Auvers ...
Et tandis qu'Obama casse la baraque, En annonçant à grands renforts de médias, Qu'il veut décrocher la lune, Et abandonner la poursuite, De sa conquête, Je repense au rapport de la fondation, A ses trois millions et demi de mal logés, dont six cents mille enfants quand même, Six cent mille, C'est l'ensemble de la ville de Nantes, par exemple, Et je me dis, Oui Barack, Bien sûr, ça n'a rien à voir, Bien sûr, c'est sans doute dommage, Mais il est bon parfois aussi d'arrêter de rêver, Sous peine de tomber (de la lune), De hurler (à la lune), Voire même de devenir con (comme la lune). Allez tiens, je ne t'en veux pas, Je te propose une aventure autrement plus audacieuse, Et qui, au final, créerait bien plus d'emplois : La conquête du bonheur retrouvé, Avec un toit et de quoi manger, pour chacun ... Juste ça.
Jouer avec de la glace, De la lumière qui passe, Et tout ce qui traîne en surface ...
Ça me rappelle les bricolages, De quand j'étais gamin : Moi, je n'en avais pas, Mais j'avais des copains Qui avaient le coffret complet, Pour pouvoir fabriquer des inclusions. Fleurs séchées, verroterie, insectes morts, cailloux, Tout était bon pour les remplir : Petites prisons dorées, Horribles ou magnifiques, C'est selon ; Fascinantes en tout cas.
Bien des années après, devant ce morceau ci, Face à l'étang gelé où je l'ai déniché, Je me dis que parfois la mort n'est pas si loin de la vie, Mystère à jamais enfoui et pourtant transparent, A peine traversé de quelques bulles ... Lumière, Magique et merveilleuse.
Un jour, c'est sûr, je deviendrai lapin. Moi qui ne crois en rien, ça me conviendra bien. Quand j'aurais terminé de me désespérer de l'homme, Quand j'en aurai assez d'essayer de freiner l'inéluctable, Quand j'aurais cesser de pleurer sur sa violence ou sa cupidité,
Alors, Un beau matin, Je prendrai la direction du bois et deviendrai lapin. Oh ! Mais attention, pas un lapin de baraque, à garnir les terrines, Non, un vrai lapin sauvage, vivant dans la forêt.
L'hiver, mon beau pelage prendra la couleur neige, Pour encore disparaître aux yeux inquisiteurs, Chaque soir, j'admirerai l'immense paysage, Et le matin d'après, le soleil se lever. Et là j'oublierai tout.
Sans cesse, je savourerai ce quelque chose de plus, Un peu comme une autre liberté retrouvée, Quitte, au détour d'un bois, à terminer croqué, Par un malin goupil, acharné et têtu ...