[] Archimia

17/06/2009

Face à face

De vous à moi,
Madame,
Dans la rue,
L'espace d'un instant,
Une seconde qu'on partage,
Qu'on se donne chacun,
Avant de disparaître tous les deux.

6 commentaires:

roudodoudourou a dit…

Bien vu!

Fleur d'hiver a dit…

C'est bien la seule note gaie de cette façade, la dame en chemisier orange.

J'aime bien aussi ces rencontres qui n'en sont pas, ce regard échangé, et chacun s'en va de son côté, sans rien connaître de l'autre.

C'est comme le poème que Brassens avait mis en musique "les passantes"

Le petit monde d'Archie a dit…

Ah oui ! très jolie chanson : "les passantes"
C'est comme ça : chaque jour nous rencontrons des tas de gens qui disparaissent aussitôt de notre vie.
C'est juste un clin d'oeil que je voulais faire là-dessus, sans plus.
Et puis qui sait ? cette dame, je la retrouverai peut-être un jour, à un autre moment ...
Question de probabilité, quoi !

roudodoudourou a dit…

La chanson de Brassens,
que je n'ai pas en tête,
ne vient-elle pas de Baudelaire,
"À une passante" :

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, à toi qui le savais !

Baudelaire
Les Fleurs du mal, 1857

"Un éclair... puis la nuit !"
fabuleux, non?

Le petit monde d'Archie a dit…

Je ne connaissais pas ce poème de Baudelaire. Merci de nous le faire connaître. C'est vrai qu'il y a des similitudes.
Mais le texte de la chanson de Brassens est, en fait, du poète Antoine Pol. Alors, va savoir ...

En tout cas j'ai toujours adoré ces derniers vers :
"Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lêvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir"

C'est un peu comme si c'était l'autre face du "Un éclair ... puis la nuit !"

C'est magique, la poèsie :))

Fleur d'hiver a dit…

"Les passantes", poème d'Antoine Pol, mis en musique par Brassens.

 

referencement
referencement