[] Archimia

06/11/2009

Essorage

Retour sur la place après les congés de Toussaint. Triste comme comme un paquet de gâteau vide au milieu d'une flaque d'eau dans la grand'cour de récréation ...

Tout va pour le mieux au pays des pauvres : gale et pédiculose se partagent largement le marché au profit de la grippe H1N1. Le téléphone de la maternelle n'est toujours pas réparé depuis le mois de juin. les étagères de la BCD attendent aussi d'être découpées et posées, depuis le mois de mai. Les bouquins restent sagement dans des cartons. Mais après tout, tout le monde s'en fout.

Ce qui nous reste de ministère n'a plus assez de sous pour payer les heures sup' des activités du soir (vous savez, depuis 2 ans, ça s'appelait "l'accompagnement éducatif" ou "les orphelins de 16 h 00 ", et ça devait être généralisé cette année dans toutes les écoles et collèges de France ...)
De toute façon, on en est plus à chercher des solutions. C'est fini. On a plus le moyen de tout ça.

Une collègue toubib m'a demandé d'intervenir à un
colloque de médecins scolaires sur le thème de la violence à l'école en décembre à paris. Je me dis comme ça que c'est pas bon signe pour moi, si je commence à faire figure de spécialiste qu'on écoute. D'un autre côté, depuis le temps que j'essaie de faire comprendre aux gens d'ailleurs ce qui se passe dans ces quartiers chaque jour ...





La déliquescence des services de l'état me fait penser à ce superbe reportage d'archives vu sur la deux l'autre soir à propos de la chute du mur de Berlin. Ces fascinantes images du pouvoir qui bascule, absurde, ubuesque, quelques minutes avant que des dizaines de milliers de berlinois passent, incrédules puis hilares, la frontière devant un garde totalement dépassé, qui vient de prendre la décision, contre l'avis de son supérieur, de pousser les barrières...

Finalement, je me dis qu'aujourd'hui , on en est pas encore là, mais qu'on s'en approche. D'un autre côté, il n'y a pas grand monde dans la rue. Alors si effondrement il y a, ce sera de l'intérieur, pas à cause de la rue, un genre d'implosion, peut-être ...

Ça donne envie de faire la vaisselle, tout ça. En faisant couler l'eau bien fort, bien chaude. Vous trouvez pas ?

8 commentaires:

la Mère Castor a dit…

ou une douche très chaude pour ne plus penser à rien. Momentanément. L'implosion, tu dis ?
Triste prévision.

Le petit monde d'Archie a dit…

Désolé, Mère Castor, sur ce sujet là, je ne me sens pas le courage d'être optimiste ...

Mots d'Elle a dit…

Le monde que tu décris me fait penser à celui où je bosse, un grand hôpital public qui développe des activités-vitrine( cardio de pointe, neuro-chirurgie) et laisse tout le reste à la bonne volonté et à la conscience professionnelle de "Mac Gyver des soins" qui doivent travailler à moindre coût. Et les mômes dans tout ça? les malades?...qui ça????
Je perçois comme toi une sorte de grondement souterrain...ça ne pourra pas tenir!

azerty a dit…

C'est plutôt la lessive qu'il faudrait faire.
La grande lessive
Suivie d'un bon essorage !

Duga

Le petit monde d'Archie a dit…

Vos témoignages ne me rassurent pas ! Si encore j'étais le seul à penser ça ...

Mais je me sens (comme vous sans doute) impuissant face à tous ces éléments, qu'ils touchent le domaine de la santé, de l'éducation, et des tas d'autres encore.

Je sens bien qu'il nous faut tourner une page, mais qu'est-ce qui sera écrit sur la prochaine ?

azerty a dit…

Si je m'en tiens au seul domaine de l'éducation, sur cette page, il y aura ce que nous aurons écrit nous-mêmes, nous parents d'élèves ou enseignants. Nous en sommes au stade ou nous constatons que nous appartenons à un monde fini, aux ressources finies mais à la complexité grandissante.
Certains disent que nous entrons dans l'économie du savoir et de la connaissance. Et ils ont raison.
Indépendamment des moyens de l'Etat qui déclineront inéluctablement, il ne tient qu'à nous de travailler plus, d'étudier plus, de lire plus, de réfléchir plus, de dialoguer plus, de chercher plus, d'analyser plus, de débattre plus, de mémoriser plus etc…Il n'y a pas forcément besoin de beaucoup de milliards pour devenir moins cons chaque jour, même si rien n'est complètement gratuit. Mais l'essentiel commence et se tient dans l'attitude et la persévérance.
Si nous n'y arrivons pas, d'autres y arriveront à notre place et rempliront cette page de leur propre écriture. Dans cette nouvelle guerre économique dont nous avons du mal à prendre conscience, nous serons alors leurs nouveaux esclaves.

J'autorise et j'encourage à ce qu'on me traite de vieux con réac.

Duga

Le petit monde d'Archie a dit…

Provocateur, va ...

Mais, vu sous cet angle, l'essentiel est à peu près là, je dois dire ...

azerty a dit…

Provocateur, il faut bien, ne serait-ce que pour une question de place. On ne peut pas faire figurer toute les nuances. Il y a une forte probabilité que je ne provoque d'ailleurs que moi-même. C'est mieux que rien et ça me tient en éveil, en réaction. Quand on vieillit, on s'assoupit facilement, tu verras.
La France vieillit aussi, elle a même des jeunes déjà très vieux...Et quand quelqu'un fait preuve d'énergie, la bien- pensance le traite immédiatement d'agité...et se rendort dans un confort mou et attentiste..

Duga

 

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