[] Archimia

04/05/2009

Le pays dont on parle si peu

Dans ce pays où le silence est venu,
Il n'est pas rare de rencontrer d'étranges animaux,
Moitié crocodile et sa gueule en dent de scie,
Moitié éléphant avec trompe verticale,
Mais ils ne sont guère effrayants,
Ne font plus de bruit depuis longtemps,
Finis les rugissements, les éclairs de feu,
Et souvent, dans la nuit,
Comme des regards de braise avec du rouge aux yeux,

Les enfants d'ici n'ont plus peur.
"Ni frayeur, ni fraiseur, ni fraîcheur"
Devient la dernière devise de cet endroit,
Où lentement et silencieusement,
A nouveau,
La végétation croît,
Et reprend ses droits,
Jusque sur les toits ...

7 commentaires:

roudodoudourou a dit…

C"est un peu "Le pays où l'on n'arrive jamais", quoi!

Magnifique photo!
Tu l'as colorisée?

La cheminé dont sort un arbre au lieu de fumée...

En même temps c'est triste une usine qui ne fonctionne plus,
une usine morte,
et que nul prince charmant ne viendra réveillé...

Constance a dit…

Il n'y a que l'oeil d'un poète pour voir ça.

Le petit monde d'Archie a dit…

Oui Doudou, je pensais à ce roman, bien évidemment, (après tout A.Dhôtel était ardennais lui aussi), mais je ne l'ai pas colorisée, j'ai juste voulu l'éclaircir parce qu'elle était très sombre, ce qui explique des effets de couleur un peu bizarres sur la cheminée :)

Quant à l'impression qui reste, ... quelque chose d'un peu drôle, mal défini entre tristesse, mais comme dit Constance aussi, poèsie.

roudodoudourou a dit…

Mais oui,
la poésie est rarement très gaie...

La poésie est alimentée par la mélancolie, la tristesse, le regret, la douleur...

Non?

Fleur d'hiver a dit…

Toutes ces usines que la nature investit, ça me flanque le bourdon.

Certes, le travail n'y était ni facile ni propre, ni agréable, mais c'était du travail.

"Je ne sers plus à rien, là
y a plus rien à faire..."

B. Lavilliers

la Mère Castor a dit…

Et la nature revient au galop souffler des feuilles par la cheminée. C'est beau.

Le petit monde d'Archie a dit…

Il y a de la poésie gaie aussi, Doudou, quand même ... et Queneau alors :))

Fleur, c'est exact que Lavilliers a fait de très beaux textes là-dessus à ses débuts (la vallée de la Fensch, par exemple)

La nature revient toujours au galop, Mère castor, et face à l'homme, elle a bien raison, sinon il y a longtemps qu'il ne resterait plus grand chose ...

 

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