[] Archimia

28/05/2009

En route !

C'est quand on est seul au volant, qu'on pense le plus tout haut.
On oublie les lignes et les virages. Les rares voitures qui surgissent de la brume sont autant de fantômes qui vous complaisent dans ce songe.

Avec la glissière de sécurité pour main courante, on remonte le temps et l'espace. On comprend mieux que l'importance qu'on donne aux choses est finalement très variable.

Vous l'aurez peut-être compris, Archimia se met doucement en pause, et Archie se prépare à affronter trois séjours consécutifs de "classes vertes" avec ses mômes au fond des bois, loin de tout, de la télé, de la radio, et surtout, surtout, loin du net.

Oui, je sais : C'est des coups à ne pas revenir ...


27/05/2009

Théâtre d'ombres

A jouer avec le soleil et le soir,
A tirer sur des ombres si noises,
Qu'elles nous informent qu'elles nous déforment,
Face à l'écran,
De crépi blanc,
On finirait par se croire plus grand qu'on est,
Plus fort ou plus important,
Un genre de grenouille qui voudrait se faire
Aussi grosse que le boeuf :
On allonge, on s'étire,
On sait dire qu'on délire,
On sait lire qu'on désire
Paraître,
Jusqu'à ce que, comme une baudruche,
Le soleil nous lâche à l'horizon,
Et c'est la tête comme une autruche,
Que, dans le sable, nous glissons ...



Jeux d'enfants, sourire d'antan,
Je t'entends, soupir d'avant.

25/05/2009

Clin d'oeil pour Dorham et les autres

Blogueur des villes ou bien des champs,
Il y a des rencontres qui passionnent,
Et des séparations qui désarçonnent.
Tchao Dorham, donc, puisque c'est ce que tu as voulu.
Pour toi, ce petit clin d'oeil des rues ...


Dans les rainures du béton bouffi,
Geignent des canettes enfouies,
Petit paradis de formes arrondies,
Dans un univers concentrationnaire rectangulaire.
A trop vouloir écrire la ville et sa folie,
On en oublierait presque la poésie chipie,
Qui envahit nos murs de quotidien ternis,
Et colore de travers,
Les meurtrières arbitraires de nos forteresses guerrières.


Herbier

Souvenirs de printemps,
Bien disposés,
Dans du papier,
Plié,
Comme ça.


Dans un an et un jour,
Tu la retrouveras,
Délicatement, tu la déplieras,
Dans un an et un jour,
Elle sera à toi,
Mais avant de la ranger,
Bien en sécurité,
Dans ton herbier,
Tu jetteras un coup d'oeil,
Sur le papier jauni.
Dans un an et un jour,
Ces nouvelles auront vieilli,
Et toi aussi.

La fleur séchée entre les doigts,
Tu chercheras à te rappeler pourquoi,
Tu l'avais glissée là.

23/05/2009

La profondeur du chant



- Tu vois, petit, dit le vieux, la vie , c'est un peu comme cette porte.
En même temps, tu la vois nette, la porte en bois,
mais aussi, tu la vois floue, l'ombre de l'arbre.
Et pourtant c'est le même endroit.

L'ado contemplait la porte avec un air perplexe.

Si tu fixes la porte nettement,
Tu vois l'ombre de l'arbre encore plus floue,
Alors que, si tu te concentres sur l'ombre,
Non seulement, elle reste floue,
Mais en plus, même la porte n'est plus nette.
Eh bé, dans la vie, c'est pareil.
Il y a des fois, où à trop chercher à comprendre,
On y comprend plus rien à rien,
Alors que, si tu ne veux bien voir qu'un seul point de vue,
Il t'apparait bien clair, bien net,
Et il te fait oublier tout le reste.

Et puis tu sais quoi ?

Même les gens, y sont comme ça :
Tes amis, tu les connais par coeur,
Tu sais leurs envies, leurs penchants, leurs contours,
Alors que les autres, dans la rue,
Ils sont comme flous : des inconnus.
Seulement des fois,
A trop regarder les inconnus,
Eh bé tes amis,
Tu ne les reconnais plus non plus !

- Pourtant, répond le gamin,
Dans la réalité, il existe bien les deux choses :
La porte et l'arbre,
En ignorer un, est peut-être plus confortable à tes yeux,
Mais ça n'est pas la réalité,
Ça n'est pas la vérité,
Et ça n'epêche pas l'arbre d'exister.

- Et alors, t'as besoin de vérité, toi ?

Doucement, il se regardèrent.

- Oui. Je vis dans un monde réel, moi.
Elle vaut pas un clou ton histoire.

Et il se leva doucement et regarda le vieux avec cette incompréhension désespérée qui le prenait chaque fois qu'il devait parler avec un représentant du monde des adultes. Puis il laissa traîner son doigt le long de la porte en bois et disparut.

Le vieux, lui, restait seul, assis. Il repensait aux infos qu'il avait vu la veille à la télé, et se mit à maugréer après ces gamins qui savent tout mieux que tout le monde, mais en fait ne savent rien, qui ne comprennent rien à rien, et à qui aujourd'hui, on ne peut décidément plus rien apprendre.(*)

(*) Sondage publié le 13 mai 2009 : La moitié des Français (51 %) ont une image négative, voire très négative des jeunes de 15 à 25 ans

21/05/2009

La théorie de l'envie de Bruxelles

Voila, je suis comme tant d'autres, devant ma télé, ma radio : il me vient des envies, des envies de Bruxelles, des envies de tout lâcher, de quitter ce monde stupide et violent où il ne fait bon être ni jeune, ni vieux.

Elle vous prend là, l'envie. Juste au niveau de la gorge. Vous repensez à tout ce que vous avez pu avoir comme idées : idées politiques, idées morales, philosophiques, que sais-je.
Tout ça n'est rien. Rasées.

Ainsi donc, nous aurons besoin de brigades de police spécialisées dans nos écoles, afin d'empêcher les élèves (nos enfants, quoi) d'apporter des armes, et de s'en servir auprès de leurs enseignants.

Voici donc la seule chose que ce monde d'adultes a su proposer (ou comme d'habitude imposer) à ses jeunes, à défaut de leur trouver quelque espoir d'un jour imaginer la couleur du monde du travail.

Oh ! Je parle ici d'école parce que c'est la dernière en date, mais je pourrais aussi bien parler de santé, de justice ou de gériatrie.


Oui elle vous saisit par le col, l'envie, puisque vous n'avez plus rien d'autre à imaginer pour tenter de leur faire aimer ce monde. Et, en attendant la création d'un ministère du bonheur obligatoire, vous cherchez à quel moment de l'histoire tout cela a bien pu déraper.

Vous cherchez, mais vous ne trouvez pas. Il ne s'agit pas d'un problème politique, ce mot a depuis si longtemps perdu son sens que le prononcer aujourd'hui suffirait à faire sourire même Buster Keaton dans sa tombe.

Vous repensez à vos idées, vos combats, vos débats d'étudiants le soir à la chandelle autour d'un verre, où vous refaisiez le monde pendant la nuit, et la nuit pendant les cours.


C'est là qu'elle sourit parce qu'elle sait qu'elle a gagné, l'envie. Vous voulez ne plus rien entendre, ni pub, ni info, ni variétés avec Flavie Flament ou n'importe quoi d'autre. Vous voulez être ... loin.


C'est ça la théorie de l'envie de Bruxelles.
De Bruxelles ou n'importe où ailleurs, d'ailleurs.
Pourvu qu'on s'y oublie, qu'on nous oublie, et que soi-même, on oublie tout,
Heureux, hagard, mais béat sur la grand'place de nos espoirs ruinés, à contempler le ciel, en jouant à faire des clins d'oeil au grand soleil du Nord.



20/05/2009

Farniente

Finalement, les matins où on ne bosse pas,
Sont des petits morceaux de joie.

Pour peu que le soleil s'en mêle,
Vautré au chaud sur la terrasse,
A lire et relire les nouvelles,
Petit café dedans la tasse,
Sous le vacarme des hirondelles,
Même si, parfois, elles vous agacent,
Sous le parasol en ombelle,
Vous bricoler une dédicace,
Prétexte pour une aquarelle,
Mais pas forcément efficace ...


19/05/2009

Petit

Huit cent soixante-douze ans qu'elle fait la belle dans sa clairière,
Qu'elle pose le jour, la nuit, en toute saison,
Pour tous ces égarés qui veulent la conserver,
Sur un petit carré de papier à encadrer.

Vue de la nationale,
La Chartreuse du Mont-Dieu n'est qu'un mot,
Sur un panneau.
Une petite route forestière,
Quelques centaines de mètres,
Et puis il y a ce petit virage,
Juste après lequel, elle te saute à la figure,
Et d'un seul coup, elles te rattrapent,
Ces huit cent soixante-douze années,
Comme un barrage qui s'ouvrirait devant toi ;
Te voila cloué, submergé, emporté,
Par des vagues d'années qui déferlent devant toi.
Tu vois les moines chartreux attaquer la forêt,
Assécher les marais des Hautes et Basses Molières,
En creuser des canaux pour drainer davantage,
Tu vois aussi le sang des guerres de religion ou de révolution
Tu vois les destructions du temps ou bien des hommes
Qui savent si bien rayer tout ça d'un petit coup de gomme
.



Alors, et alors seulement, tu comprends,
A quel point le lieu est important,
Au moins autant que le bâtiment.
La Chartreuse est tellement là qu'on a plus besoin de la voir.

Tu fais le tour,
Des alentours,
Et tu la lis en contre-jour.
Tu finis même par voir à travers,
Tu es petit, tout petit.

18/05/2009

Ambiance

Pouah !
C'est archi-dégoûtant aujourd'hui...



17/05/2009

Jardinage(2)

Aujourd'hui Dimanche,
Avec un D comme déluge.
Tous les outils sont restés au jardin,
Bien en place,
Comme statufiés par une fée,
Et je contemple par la fenêtre,
Comme une photo jaunie,
Tous les espoirs d'hier,
Qui attendront que sèche la pluie.
Quelquefois, le jardin c'est ça aussi ...


Alors tant mieux,
Ou bien tant pis.

16/05/2009

Jardinage

Quand nous aurons admiré les pivoines,
Respiré leur parfum, et cueilli des bouquets,


Quand nous nous serons délectés,
Rassasiés,
Des perles de rosée,
Qui ourlent le matin,
Les pétales de satin,
Et nous jouent la lumière,
Dans leurs billes de verre,


Alors viendra le temps des fanées,
Et les pétales tombant,
Comme gouttes de sang,
Recueillies dans nos mains très précautionneusement,
Nous les disposerons tout au long de l'allée,
Comme un chemin de vie, qui ne saurait durer,
En se prenant un peu pour le petit Poucet ...


15/05/2009

En vert, du décor

On serait allongés dans l'herbe du jardin,
Comme quand on était petits,
Le ciel, ce serait notre plancher,
Et on aurait l'impression de tomber dedans,
On verrait tout à l'envers,
La pluie monter,
Et la grande herbe en l'air ...



Ça finirait comme d'habitude,
En roulade vers le talus,
On aurait la tête qui tourne,
Et on ne marcherait plus droit,
Mais ça nous ferait rigoler pendant des heures ...

14/05/2009

En allant à l'école

Oui, je sais vous allez encore dire que je suis sponsorisé par Vélib' où je ne sais quel argument, mais franchement, si vous le pouvez, même de temps en temps, même une seule fois dans l'année, ... partez bosser en vélo !


L'aller n'a rien a voir avec le retour, mais les deux valent le coup.
Le matin, l'air frais et vivifiant vous fouette le visage, et achève de vous réveiller, juste après la douche. Vous pédalez, certes, mais en plus, vous entendez.
Vous entendez le bruit du vent dans les feuilles, le chant des oiseaux, le remous de la rivière.

Vous ne vous arrêtez pas : quand on part en vélo, il faut plus de temps, vous aurez le temps de flânocher ce soir ...

Puis vous arrivez en ville. Cinq cents mètres avant les premières maisons, c'est votre nez qui vous prévient. Le bruit, le parfum subtil des hydrocarbures, les voitures, les bus et les camions. Vous avez envie de hurler, mais vous vous rappelez bien vite que demain, ce sera vous, le pollueur ...

Enfin, vous arrivez sur votre lieu de travail, comme d'habitude, certes mais cette fois, vous avez l'impression d'avoir traversé la jungle avant et ses mille dangers ...

Le soir, au retour, c'est encore mieux, parce que là, vous n'êtes plus pressé. Vous avez le temps.
Le temps de dire bonjour dans la rue aux gens que vous reconnaissez, le temps de s'arrêter faire quelques courses (oh ! trois fois rien !), le temps de prendre un rallongis ou un diverticule, pour voir ce que ça fait de passer par là ... et vous avez raison : ça change !
En passant près de la rivière, vous posez le vélo dans le chemin. Juste cinq minutes, le temps d'écouter les grenouilles coâsser, et de regarder le héron faire semblant de pêcher (il est gras comme une loche, celui-là !), puis doucement, vous repartez ... jusqu'à la maison.

Je sais qu'on peut trouver mille et une bonnes raisons de prendre sa voiture pour aller bosser. Raison de plus : même si vous ne pouvez le faire qu'une seule fois dans l'année, allez-y, n'hésitez pas : quelle victoire !

12/05/2009

Toute une vie de portes

Porte-bonheur,
Porte très bonne heure, même.
Dés le matin, dans la rosée,
Quand, couverte d'herbe et de feuilles,
Elle t'empêche d'en franchir le seuil.
Portefeuille, dans ce cas.
Porte-à-faux, si l'herbe est trop haute.

Porte-parole, lorsque placés de chaque côté,
Tu viendras y chuchoter avec ta dulcinée.
Porte-plume, si avec elle,
Il vous faut partir à tire d'aile.
Porte-jarretelles,
Fantasmam'zelle,
Porte-bagages,
Mise en ménage,
Porte-clés, la tenir au chaud,
Bien en sécurité, comme un idiot .


Porte-parapluies,
Quand vient le mauvais temps,
Porte-couteaux, si la dispute arrive,
Et que l'amour dérive,
Porte-drapeaux,
Pour faire la guerre ou bien la paix,
Juste avant les remords, les regrets.

Portemanteau, et le temps passe,
Tu deviens vieillot dans tes godasses,
Porte-crayons, tu te rappelles,
Tu tournes en rond dans ta gamelle,
Porte-savons, tu es malade,
Et ton esprit se barricade,
Porte-voix, tu parles encore,
Mais tu fais ridé dans le décor,
Porte-étendard, le dernier soir...

Du porte à porte, en somme.



Le mini-musée


Pour la première année de Mots d'elle,
Pour remercier Catherine et ses photos,
Pour elle-c-dit qui a un petit moral ces temps-ci (c'est elle qui le dit),
Et pour tous les autres aussi,
Chose promise, chose dûe ...
Je vous l'avais bien dit, qu'il me faudrait du temps ...
En route donc vers ces étranges machines,
abandonnées de ci, de là,
Vous les avez tou(te)s rencontrés,
Ces engins bizarres,
Sans les voir,
Ici dans un pré,
Là au bord d'un champ,
Elles me laissaient déjà perplexe quand j'étais gosse,
Autant vous dire que maintenant,
Elles me paraissent carrément extra-terrestres,
(Si j'ose dire, en parlant d'agriculture ...)

Allez,
Et en musique siouplé !




10/05/2009

Grandes orgues

Sommes-nous déjà arrivés au bout de ce que nous avions à nous dire,
Ou nous reste-il encore des choses à partager ?
Comme une épaisse fumée noire, l'avenir envahit le ciel,
Et nous faisons semblant de croire, en l'arrivée d'un nouveau soleil.
Nos imaginations s'attardent à inventer d'autres mondes,
Mais nous n'arrivons pas vraiment à nous dire adieu,
Lâches que nous sommes,

Face à l'angoissante survie de l'homme.
Tant pis,
Tant mieux.





09/05/2009

Derrière le jardin

C'est l'histoire d'une toile que j'ai peint, il y a sept ans ...
Comme d'habitude, je ne suis pas satisfait de ce cliché : la peinture est extraordinairement difficile à photographier (celle-ci est vernie, et rend des effets de brillant, même si on utilise pas de flash, et puis les couleurs sont modifiées par exemple le sol n'est pas noir mais bleu très très foncé ...), bref, je me plaîs à imaginer une longue histoire de mépris entre peinture et photo ...


J'avais fait cette toile à partir du bout de mon jardin et j'avais travaillé sur la notion de frontières. Je m'étais demandé à quel endroit l'univers pouvait s'achever, et même s'il achevait, en quelque sorte ... bref, des questions bizarres et sans réponses qu'on peut se demander quelquefois le soir, assis dans son jardin lorsque la nuit commence à tomber ...



A son sujet, j'avais écrit en Nov 2002 :

D'abord, tout juste derrière, je connais encore ... c'est tout près.

Puis ça s'éloigne, on voit moins bien, il faut deviner, imaginer...
Et c'est le soir, en plus ... On devient suspicieux sur ce paysage ...

Qu'y a-t-il Vraiment ?

Derrière le jardin, c'est le monde de l'Autre.

Et toutes les données sont changées. Toutes les lois sont changées.

Cela n'a rien à voir avec la taille de ton territoire : Même si tu dois traverser ton "chez-toi" pendant des heures, il y a toujours un moment où tu arrives "derrière le jardin".


Les voila, les frontières de nos propriétés. Fini, l'endroit où tout est sûr, tout est connu. En même temps, tu es curieux, tu voudrais savoir ...

Finalement, c'est toute l'histoire de l'Homme, c'est toute notre raison qui est basée là-dessus :

sur ce qu'il y a ... derrière le jardin.

08/05/2009

Trois fois rien

Ce matin,
Temps mi figue-mi raisin,
Un peu de brume, de vent,
Et des nuages pas trop méchants.
Rien qui puisse vraiment empêcher,
D'aller dehors montrer son nez.



J'enfile des bottes,
Vais faire un tour,
Marcher dans la bouillasse,
Avec ma vieille pelure
Qui ne craint pas la crasse.
Temps idéal pour un jour férié,
Pour un défilé,
C'est ça. Je m'en vais pour un genre de défilé.
Loin des humains,
De leurs interrogations, de leurs commémorations,
Loin de tous ces mots en "tion",
Qui font froid dans le dos ou vous brûlent le citron.

Ce matin, je défile au pays des arbres et des oiseaux,
Sans flamme à ranimer,
Juste l'air à respirer,
De cet air grand et profond,
Qui vous accroche un sourire au menton.


07/05/2009

Cahier

Toutes ces choses qu'on a pas su faire,
Quand on était enfant, quand on était ado,
Ou quand on était jeune, tout simplement.
C'était, il y a bientôt,
Quand on était vivant, en tout cas.
Ces regrets éternels qui ne servent à rien,
Sinon à se rappeler qu'on a pas tout loupé,
Ces choses de l'enfance qui se mélangent,
Ces révolutions qu'on aurait aimé faire,
Et ces amours d'un jour,
Tous ces moments tombés dans l'oubli,
Ou plutôt, découpés, brassés, mixés,
Qu'on découvre en morceaux dans le grand saladier,
Le sourire de ce gosse, comme celui de son père,
Est-ce le tien ? Celui de ton fils ou celui de ton frère ?

Et on se retrouve tous un beau matin,
A remonter ce drôle de chemin,
Le long des ans,
Gamin et vieux en même temps,
Au milieu de souvenirs qui arriveront demain,
Avec aux lèvres, une étrange musique amère,
Gravée sur un cahier d'écolier,
Comme un refrain sans fin,
Comme un refrain en vain.





06/05/2009

Maison close

J'adore, vous le savez,
Montrer toutes les occasions, les situations
Que la Nature utilise pour reprendre ses droits.

D'abord, ça nous permet de rester modestes,
Et ça, nous en avons tou(te)s besoin,
Et puis, quand elle reprend les choses en main,
Elle fait ça tellement mieux que nous,
Avec grâce et simplicité,
Comme ça, d'un rien, elle vous fiche
Une ambiance, un spleen, ...
Et sans beaucoup de matériel, en plus !

Non vraiment, la Nature, j'vous jure,
Si elle n'existait pas ...
Faudrait sans doute l'inventer .... 's pas?


04/05/2009

Le pays dont on parle si peu

Dans ce pays où le silence est venu,
Il n'est pas rare de rencontrer d'étranges animaux,
Moitié crocodile et sa gueule en dent de scie,
Moitié éléphant avec trompe verticale,
Mais ils ne sont guère effrayants,
Ne font plus de bruit depuis longtemps,
Finis les rugissements, les éclairs de feu,
Et souvent, dans la nuit,
Comme des regards de braise avec du rouge aux yeux,

Les enfants d'ici n'ont plus peur.
"Ni frayeur, ni fraiseur, ni fraîcheur"
Devient la dernière devise de cet endroit,
Où lentement et silencieusement,
A nouveau,
La végétation croît,
Et reprend ses droits,
Jusque sur les toits ...

Faux-semblants

Période de congé terminée,
Avec, en guise de clin d'oeil,
Ce regard ironique d'un Archie dans les feuilles,
Où ce qui est derrière et passé,
Se retrouve devant et à venir,
Où ce qui se trouve dedans bien au chaud,
Semble jouer dehors le rôle d'attrape-nigaud,
Et, au milieu de tout ça, la tête de l'auteur, à plaisir,
Découpée par une autre fenêtre prête à tout réfléchir ...



Illusoires illusions illustrées,
De nos douceurs bercées.

02/05/2009

Enthousiasme


Petite escapade parisienne en famille de deux jours et ... me revoila !

Et, vous savez quoi, ce qui m'étonne le plus et m'émerveille en rentrant de ce voyage éclair, ce n'est pas l'explosion de formes et de couleurs des toiles de
Kandinski présentées à Beaubourg, ce ne sont pas les extraordinaires -et délirantes- présentations de "La force de l'Art 02" au Grand Palais, non, ni le fabuleux musée du Quai Branly, non plus. Non pas que ce ne soit pas époustouflant, mais ça, on le savait que, quand elle veut s'en donner la peine, la France est capable de réaliser des prouesses dans le domaine de la Culture.

Non, moi, ce qui m'a ébloui, moi pauvre petit provincial qui passe ici une fois tous les deux ans (et qui ne supporte d'ailleurs pas d'y rester plus de deux jours : c'est physique) c'est cette soirée dans un petit resto sans prétention, genre "flammeküche" avec cette formidable tablée d'une vingtaine de jeunes (20/25ans) d'au moins sept ou huit ethnies différentes.

Et ça causait, et ça chantait, et ça riait : des blacks aux asiatiques en passant par des Leïlas blondes comme la bière, ou des afro-cubaines blaguant avec des pakistanais ...

Alors ce Paris là, oui, m'éblouit et me fait envie. Oh ! Je n'envie pas leur jeunesse, non. Après tout chacun son heure, chacun son temps. J'envie ce qui se profile derrière.
Ce formidable pied de nez à la pauvre manif' minable de l'extrême droite hier après-midi et je crois qu'il y a des signes qui ne trompent pas.

Je ne vois pour illustrer mes propos que cette photo :


La pierre, celle dont est faite notre terre, peut elle-aussi être constituée d'éléments hétérogènes, qui sont peut-être différents, mais qui sont assemblés, liés ensemble par leur histoire ...

Gageons que l'être humain, pour une fois, réussise aussi bien que la Nature ...

Mes amis géologues me feront remarquer que ce matériau là est moins solide pour résiter aux chocs.
Voire.
Et quand bien même ce serait vrai, il est tellement plus beau ...

 

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